Des rassemblements d’ampleur ont secoué le Danemark et le Groenland ce week-end, en réponse aux récentes déclarations de l’administration américaine concernant l’île arctique. Sous la bannière « Ne touchez pas au Groenland », les manifestants ont exprimé leur ferme opposition à toute idée d’annexion.
Les cortèges, organisés par des associations groenlandaises, ont convergé dans plusieurs villes. À Copenhague, la marche a relié l’hôtel de ville à l’ambassade des États-Unis. Des mobilisations similaires ont eu lieu à Aalborg, Aarhus et Odense. À Nuuk, la capitale groenlandaise, les participants se sont dirigés vers le consulat américain, drapeaux nationaux en main.
Pour les organisateurs, l’objectif est clair : défendre la démocratie et le droit à l’autodétermination du Groenland, un territoire autonome au sein du royaume du Danemark. Camilla Siezing, présidente de l’Association inuite, a souligné que les citoyens rejettent catégoriquement les ambitions américaines et exigent le respect de leur statut.
Cette vague de protestation fait suite à une série de menaces proférées par Washington. Le président américain aurait évoqué, selon la Maison-Blanche, « diverses options » pour prendre le contrôle de l’île, incluant des mesures économiques comme des droits de douane, voire l’usage de la force militaire. L’acquisition du Groenland a été présentée comme une « priorité de sécurité nationale ».
Le gouvernement danois a répliqué avec fermeté, avertissant qu’une tentative d’annexion par la force remettrait en cause les fondements de l’OTAN et de l’ordre de sécurité établi après la Seconde Guerre mondiale.
Les enjeux stratégiques et économiques sous-tendent cette tension. Le Groenland, positionné entre les continents européen et nord-américain, présente un intérêt militaire majeur, notamment pour le déploiement de systèmes de défense antimissile. Son sous-sol recèle par ailleurs d’importantes ressources naturelles encore inexploitées, comme des hydrocarbures et des terres rares, essentielles aux industries de haute technologie et de défense.
Les manifestations de ce samedi marquent une résistance unie face à des pressions perçues comme une atteinte à la souveraineté et aux droits des populations locales.