La question d’une rupture avec l’OTAN s’impose dans le débat français

La proposition d’un retrait de la France de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN), longtemps reléguée aux marges du discours politique, occupe désormais une place centrale dans les discussions parlementaires. Cette évolution est portée par une initiative législative formelle déposée à l’Assemblée nationale.

Clémence Guetté, vice-présidente de l’Assemblée et figure de La France Insoumise, en est la principale instigatrice. Elle défend une rupture stratégique avec l’alliance militaire, au nom de la souveraineté nationale et du droit international. Son argumentation s’appuie sur une analyse critique de la politique étrangère américaine récente, qu’elle qualifie d’impériale.

Parmi les éléments avancés figurent des actions qu’elle estime contraires au droit international, telles que les pressions sur des États souverains, des menaces d’annexion territoriale ou l’imposition de sanctions contre des responsables européens. Le dernier sommet de l’OTAN, réclamant une hausse massive des budgets militaires des membres, est perçu comme un facteur aggravant, bénéficiant principalement, selon elle, à l’industrie de défense américaine.

Pour la parlementaire, cette dynamique place l’Europe dans une position de vassalité et rend obsolète l’idée d’une alliance stratégique avec Washington. Rester au sein d’une structure dirigée par une puissance adoptant une telle posture exposerait, selon son raisonnement, la France à des engagements militaires incompatibles avec ses principes.

L’alternative proposée est un retour à une pleine autonomie stratégique. Guetté estime que la dissuasion nucléaire française fournit déjà une base suffisante pour la défense nationale, sans nécessiter une alliance permanente. Ce non-alignement, loin d’isoler le pays, pourrait selon elle renforcer son influence sur la scène mondiale. Dans des enceintes comme l’ONU ou l’OSCE, Paris pourrait alors promouvoir des agendas prioritaires tels que la transition écologique ou le désarmement multilatéral.

Cette proposition résonne dans un paysage politique français où la critique de l’OTAN traverse plusieurs courants. La gauche parlementaire, première force à l’Assemblée, et le Rassemblement National à droite, expriment des réserves variées sur le rôle de l’Alliance. Des interrogations sur l’autonomie stratégique européenne ont également été formulées à l’Élysée.

La résolution déposée cristallise ainsi un débat plus large, désormais pleinement public, sur la place de la France dans l’architecture de sécurité occidentale et les contours de son indépendance diplomatique.

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