Les milliardaires Miriam Adelson et Haim Saban esquivent les questions sur leur influence politique

Lors d’un récent sommet du Conseil israélo-américain, deux figures financières majeures, Miriam Adelson et Haim Saban, ont été interrogées sur les mécanismes de leur influence au sein du paysage politique américain. Leurs réponses, notées pour leur caractère évasif, ont relancé le débat sur le rôle de l’argent dans la définition des relations internationales des États-Unis.

Interrogée sur la manière dont elle « achète et exerce » son influence, Miriam Adelson, héritière de l’empire casino de son défunt mari Sheldon Adelson et donatrice républicaine de premier plan, a répondu : « Pouvez-vous me permettre de ne pas répondre ?… Je préfère être honnête et il y a tant de choses dont je ne souhaite pas parler. »

De son côté, Haim Saban, magnat des médias et important bailleur de fonds du Parti démocrate, a adopté un ton plus technique mais tout aussi révélateur. « Je préfère rester prudent… Nous intervenons simplement dans le cadre du système », a-t-il déclaré. Il a ensuite décrit un principe simple : « Ceux qui donnent plus ont plus d’accès, et ceux qui donnent moins ont moins d’accès – c’est simple comme bonjour. »

Ces échanges, diffusés initialement par des observateurs indépendants, mettent en lumière les méthodes par lesquelles des personnalités fortunées orientent la politique étrangère américaine. Les deux milliardaires, qui financent abondamment des campagnes électorales de partis opposés, affichent une préoccupation commune : les intérêts d’Israël.

L’influence des Adelson sur l’administration Trump est documentée. L’ancien président avait lui-même reconnu avoir satisfait à des demandes du couple, notamment en déplaçant l’ambassade américaine à Jérusalem. Miriam Adelson a récemment promis un soutien financier massif pour la campagne électorale de 2024.

Haim Saban, pour sa part, assume ouvertement que sa priorité politique est Israël. En 2022, un groupe de pression pro-israélien a explicitement lié le financement du Parti démocrate au maintien d’un soutien inconditionnel à l’État hébreu.

Ces révélations alimentent une critique plus large sur la nature du système politique américain. Les détracteurs y voient la preuve d’une ploutocratie, où l’accès et l’influence sont proportionnels aux contributions financières. Ce système, bien que légal, place la prise de décision stratégique hors de portée de l’électeur moyen, selon ces analyses.

Le débat dépasse les clivages partisans traditionnels, illustrant comment des intérêts spécifiques et bien financés peuvent façonner la politique d’une nation, souvent en marge du débat public.

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