Un dispositif apprécié mais fragilisé
À la lisière des prairies et des zones pavillonnaires du Val d’Europe, la classe sportive départementale de football féminin domiciliée au collège des Blés d’or, à Bailly-Romainvilliers, inquiète. Ce dispositif, qui permet d’aménager l’emploi du temps des collégiennes pour concilier études et entraînements, voit ses effectifs fondre : ils devraient passer de 15 à 11 joueuses à la rentrée, avec une seule arrivée prévue pour 2026-2027.
La conséquence est immédiate pour les familles et les clubs locaux qui, depuis plusieurs années, ont investi dans cette filière. Les dossiers de dérogation déposés par des parents pour faire venir leurs filles dans cette classe sont systématiquement refusés, expliquent plusieurs familles rencontrées au stade de l’Hermière, à Serris.
« Ils vont tuer le truc dans l’œuf ! »
La phrase, lancée par un parent, résume l’amertume. Pour d’autres, la colère se double d’un sentiment d’incompréhension. Plusieurs joueuses bénéficient d’un suivi sportif et scolaire rapproché : l’une d’elles a ainsi pu intégrer l’Institut national du football de Clairefontaine, illustration concrète des retombées positives du dispositif.
Un dispositif départemental plus large
La classe de Bailly-Romainvilliers s’inscrit dans un réseau plus vaste : en Seine-et-Marne, il existe 33 classes sportives départementales réparties dans 27 collèges. En 2026, quelque 600 collégiens ont adhéré à ces parcours, financés en partie par une enveloppe de 250 000 € dédiée au dispositif.
| Indicateur | Chiffre |
|---|---|
| Classes départementales | 33 |
| Collèges concernés | 27 |
| Collégiens inscrits (2026) | 600 |
| Budget 2026 | 250 000 € |
Des familles aux abois, des réponses attendues
Dans les échanges, les parents évoquent non seulement la déception des filles — «
Elle est rentrée en pleurs», rapporte une mère — mais aussi les conséquences sur le club local, le Val d’Europe FC, qui voit une filière de formation fragilisée. Pour beaucoup, la classe faisait partie d’un parcours sportif cohérent : entraînements réguliers, encadrement, et liaison avec les enseignants.
- Effet direct : baisse des effectifs à 11 joueuses pour 2026-2027.
- Une seule nouvelle inscription prévue l’année prochaine.
- Impact sur les trajectoires sportives et scolaires des jeunes concernées.
Du côté des autorités départementales et du collège, la situation appelle des explications sur les critères retenus lors de l’examen des demandes de dérogation. Les parents attendent désormais des réponses claires et rapides : maintenir un enseignement sportif de qualité au plus près des clubs, ou réorienter les jeunes vers d’autres structures si la classe venait à disparaître.
Sur le terrain, les pelouses restent les mêmes, mais l’avenir de cette promotion de foot féminin se joue dans des papiers administratifs et des décisions qui paraissent lointaines aux yeux des familles — pour elles, la perte d’une place dans la classe signifie parfois la fin d’un rêve sportif. Les prochains rendez-vous avec les élus et l’académie seront déterminants pour savoir si la filière retrouvera des couleurs ou continuera de s’étioler.