Un essai grandeur nature sur le réseau blésois
Le réseau Azalys, exploité par Keolis pour l’agglomération de Blois, s’apprête à accueillir un minibus à moteur à combustion hydrogène. Le véhicule, développé par Phinia, doit être essayé en conditions réelles d’exploitation sur le territoire. Selon un article de La Nouvelle République cité par la filière spécialisée, le déploiement est envisagé
« d’ici la fin de l’année 2026 ». Pour les usagers, il s’agit d’une étape concrète vers l’expérimentation locale de nouvelles motorisations sur des gabarits adaptés aux dessertes de proximité.
Un projet ancré à Blois, où se conçoit la technologie
Ce test n’est pas un hasard géographique. Phinia dispose à Blois de son principal centre technique dédié au H2ICE (moteur thermique alimenté à l’hydrogène), un site qui emploie environ 1 000 personnes. Depuis la scission d’avec BorgWarner, l’équipementier y développe une injection basse pression pour moteurs hydrogène. C’est aussi à Blois que plusieurs démonstrations techniques ont été bouclées ou validées ces derniers mois, nourrissant une trajectoire d’essais sur route et de certification.
Des jalons techniques déjà posés
Phinia a mené en 2024 un trajet de plus de 1 000 km en douze heures à bord d’un Fiat Ducato adapté, et obtenu la certification du TÜV pour un utilitaire équivalent. En parallèle, l’équipementier a développé avec Aramco un minibus de démonstration de sept passagers. C’est une version dérivée de ce modèle qui doit intégrer prochainement la flotte de Keolis pour l’agglomération blésoise.
| Élément | Détail |
|---|---|
| Acteurs | Keolis (exploitation Azalys), Phinia (technologie H2ICE) |
| Capacité du démonstrateur | 7 passagers (version dérivée) |
| jalon technique | Trajet 1 000 km en 12 h (2024), certification TÜV |
| Échéance locale | Déploiement visé d’ici fin 2026 |
Comparer deux approches du moteur hydrogène
Keolis connaît déjà ce champ technologique. L’opérateur a signé un accord avec le groupe GCK pour convertir un autocar Iveco Crossway (moteur Cursor 9) à l’hydrogène, dans des ateliers à Cournon-d’Auvergne. Les essais à Blois permettront donc de confronter, sur le terrain, deux voies distinctes du moteur thermique hydrogéné : celle portée avec Phinia et celle engagée avec GCK. Pour l’écosystème blésois, la comparaison en exploitation constitue un retour d’expérience précieux.
Ce que cela change pour le quotidien
Pour les habitants, cet essai signifie l’arrivée possible de nouvelles motorisations sur des lignes à faible ou moyenne fréquentation, où un minibus peut s’insérer plus facilement qu’un bus standard. L’expérimentation se déroulera sur le réseau Azalys, avec les contraintes et les réalités du service public local. Sans calendrier opérationnel détaillé à ce stade, l’enjeu est d’observer le comportement du véhicule en service, la compatibilité avec les pratiques d’exploitation et la tenue dans la durée.
Un territoire laboratoire de la mobilité
L’implantation à Blois d’un centre technique de référence et l’organisation d’essais en situation réelle confortent la place du territoire comme terrain d’innovation pour la mobilité. Au-delà des annonces, c’est bien l’usage quotidien, dans une agglomération à l’échelle humaine, qui permettra de mesurer l’adéquation de cette technologie aux besoins concrets : souplesse d’exploitation, adaptation aux horaires et aux parcours, et évaluation fine des performances.
Prochaines étapes à suivre
La perspective d’un déploiement d’ici fin 2026 cadrera les premières observations côté exploitant et côté équipementier. Les retours des conducteurs, des équipes de maintenance et des passagers seront déterminants pour apprécier la valeur ajoutée de la combustion hydrogène en contexte urbain et périurbain blésois.
- Test en conditions réelles sur le réseau Azalys, exploité par Keolis.
- Technologie H2ICE développée à Blois par Phinia, centre technique d’environ 1 000 salariés.
- Mise en service visée d’ici fin 2026, avec un minibus dérivé du démonstrateur de 7 places.