Un enfant qui veut « vivre comme les autres »
À 9 ans, Merlin Colas a déjà un emploi du temps bien rempli : cours de guitare électrique, séances de natation, kinésithérapie, ergothérapie et, depuis cette année, les entraînements du mercredi au club cosnois de canoë‑kayak. Touché par un accident vasculaire cérébral prénatal diagnostiqué à 18 mois, il présente une hémiparésie qui affecte son côté gauche. Malgré cela, le jeune garçon s'efforce de mener une vie aussi proche que possible de celle des autres enfants de son âge.
Sa mère, Éloïse, explique que l'organisation hebdomadaire impose des choix : avec l'arrivée du canoë, Merlin a dû renoncer à la danse. « Avec les séances de kiné et d’ergothérapie, cela faisait beaucoup à caser dans la semaine », précise-t‑elle, soulignant l'équilibre délicat entre prise en charge médicale et activités extra‑scolaires.
Un club qui pratique l'inclusion
Au sein de l'Union cosnoise sportive (UCS) Canoë‑kayak, Merlin partage la rivière avec des enfants valides. L'entraîneur, Mathieu Danjoux, a suivi une formation handisport et sport adapté, et le club affiche une volonté d'accueil. « Ils font les entraînements comme si Merlin était valide, mais ils n’oublient pas qu’il ne l’est pas », résume Éloïse. Cette approche pragmatique permet au garçon de se confronter aux mêmes exigences techniques que ses camarades, tout en bénéficiant d'une vigilance sur sa fatigabilité et ses besoins spécifiques.
« J’ai moins de force dans mon côté gauche », dit Merlin. « Ça m’entraîne à aller toujours plus loin. »
Le contraste entre la détermination de Merlin et les difficultés sociales reste vif. Il évoque les moqueries à l'école, expériences douloureuses qui, selon lui, renforcent son envie de progresser. À la fois combative et joyeuse, sa présence dans le groupe d'entraînement questionne la manière dont les clubs locaux concilient exigence sportive et aménagements pour les jeunes en situation de handicap.
Rééducation, sport et vie familiale
La famille place la rééducation au cœur du quotidien : kinésithérapie, ergothérapie et pratiques sportives se complètent pour améliorer la fonctionnalité et l'autonomie. Le club et la fratrie jouent un rôle important : Merlin voulait partager une activité avec sa grande sœur, Tangérine, ce qui l'a poussé vers le canoë. Le sport devient ainsi un outil social et thérapeutique, participant à l'intégration et au bien‑être.
- Âge : 9 ans
- Handicap : hémiparésie après AVC prénatal (diagnostiqué à 18 mois)
- Activités : natation, guitare électrique, canoë‑kayak
- Club : Union cosnoise sportive Canoë‑kayak
Une question de territoire
Le portrait de Merlin illustre plus largement les enjeux des territoires ruraux : accès aux soins de rééducation, offres sportives adaptées et formation des encadrants. À Cosne, l'existence d'un club formé au handisport facilite l'inclusion d'enfants comme Merlin, mais le récit familial montre aussi la charge organisationnelle que représente la coordination entre actes médicaux et activités de loisirs.
En filigrane, ce témoignage local interpelle sur la nécessité de maintenir et de développer, dans les communes de la Nièvre, des structures sportives et des professionnels formés pour accueillir des publics divers. Pour Merlin, l'essentiel reste simple et concret : tenir sa pagaie haute, progresser sur l'eau et garder des rêves d'enfant — « rock star, ou si ça ne marche pas, coiffeur » — avec une énergie qui force le respect.