Un démonstrateur en Beauce qui mêle champs et kilowatts
Presque un an après sa mise en service, la centrale agrivoltaïque « Pépite de Beauce », implantée à Outarville (Loiret), commence à livrer ses enseignements. Porté par Verso Energy aux côtés de l’agriculteur Pierre Coisnon, cofondateur des 3 Laboureurs (fournisseur de pommes de terre), le site associe production d’électricité et suivi agronomique sur une même parcelle.
Objectif affiché : couvrir la consommation de l’atelier de conditionnement des 3 Laboureurs grâce à un dispositif d’autoconsommation à 90 %, tout en documentant l’effet des panneaux sur les cultures. Le projet, positionné sur trois hectares, développe une puissance de 580 kWc et a mobilisé environ 1 M€ dédiés à la R&D, selon l’entreprise.
Des résultats jugés encourageants par l’opérateur
Interrogé sur ce premier bilan, Antoine Huard, directeur général et cofondateur de Verso Energy, met en avant des tendances positives, notamment lors des épisodes de forte chaleur. Il rappelle que le dispositif a été conçu pour comparer différents écartements de panneaux et une zone témoin instrumentée (capteurs d’humidité, d’ensoleillement, suivi de la hauteur et de la maturité des cultures).
« Les conclusions sont très positives »
Selon Verso Energy, l’orge observée pousserait de manière comparable sous les structures, entre celles-ci et sur la parcelle témoin. Les plants bénéficieraient, en outre, d’une protection face à l’ensoleillement excessif, un paramètre scruté en Beauce où les épisodes caniculaires pèsent chaque année davantage sur les itinéraires techniques.
Un test grandeur nature pour l’autoconsommation industrielle
Au-delà de l’intérêt agronomique, la centrale constitue un cas d’école pour l’énergie décentralisée au service d’un atelier agroalimentaire local. L’enjeu : lisser une part de la facture énergétique grâce à la production in situ, sans détourner la vocation agricole du foncier. Le choix d’un schéma expérimental, avec des rangées aux espacements variables, vise précisément à objectiver le compromis entre ombrage, accès aux machines agricoles et rendement des cultures.
Ce retour d’expérience nourrit un débat très concret dans le Loiret : comment concilier besoins électriques des sites de transformation et maintien des surfaces productives ? En posant des capteurs et en comparant, campagne après campagne, les indicateurs agronomiques et énergétiques, le site d’Outarville apporte des éléments tangibles au dossier.
Ce que l’on sait à ce stade
- La puissance installée atteint 580 kWc sur 3 ha, avec un schéma d’autoconsommation à 90 % destiné à l’usine des 3 Laboureurs.
- Le budget de recherche et développement s’élève à environ 1 M€, porté sur fonds propres par Verso Energy.
- Des comparatifs entre plusieurs écartements de panneaux et une parcelle témoin instrumentée permettent de suivre humidité, ensoleillement, croissance et maturité des cultures.
Des effets microclimatiques suivis de près
Les premières observations communiquées par l’opérateur pointent un intérêt face aux pics de chaleur : les cultures situées hors des zones ombragées se révèlent plus exposées, là où l’abri partiel des panneaux contribuerait à des températures moyennes inférieures. Pour les producteurs, l’enjeu est double : préserver le potentiel de rendement et sécuriser l’organisation des chantiers en période estivale.
Le site, présenté comme vitrine d’innovation lors d’Innov’Agri 2025, entend poursuivre ses relevés sur la durée, condition indispensable pour juger de la robustesse des tendances sur plusieurs campagnes. Les données partagées à ce stade restent celles d’un premier millésime d’exploitation.
Repères du projet
| Localisation | Porteurs | Puissance | Surface | Schéma énergétique | R&D |
|---|---|---|---|---|---|
| Outarville (Loiret) | Verso Energy & Les 3 Laboureurs | 580 kWc | 3 ha | Autoconsommation 90 % | ≈ 1 M€ |
Dans un département fortement agricole, ce démonstrateur livre donc des signaux attendus par nombre d’exploitations et d’industriels. Il éclaire, par l’essai, la voie d’un couplage entre production électrique et valeur agricole, sous réserve de confirmer ces résultats au fil des saisons.