Un virage énergétique assumé dans le Giennois-orléanais
L’usine du papetier ICT à Pannes change d’échelle dans sa stratégie climat. Les travaux d’une chaufferie biomasse d’une puissance de 9 MW ont été lancés le 2 juillet 2026. L’équipement doit permettre, à l’horizon fin 2027, d’assurer la majeure partie de la vapeur nécessaire au procédé industriel tout en comprimant l’usage du gaz fossile.
Le chantier, confié à Engie, répond à un objectif clair : réduire l’empreinte carbone du site. Alimentée par du bois-énergie collecté dans un rayon d’environ 100 km, la future installation est calibrée pour remplacer une part significative des chaudières actuelles au gaz.
Des gains carbone chiffrés et un montage cofinancé
Sur la durée d’exploitation envisagée, le partenariat avance une baisse annuelle de l’ordre de 11 160 tonnes d’émissions. L’enveloppe d’investissement s’établit à 16 millions d’euros, dont une aide de 4,2 millions d’euros apportée par l’État dans le cadre de France 2030 via l’Ademe. À la clef, une couverture annoncée de 78 % des besoins en vapeur de l’usine une fois la chaufferie connectée.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Puissance de la chaufferie | 9 MW |
| Part des besoins vapeur couverte | 78 % |
| Émissions évitées estimées | ≈ 11 160 t CO2/an |
| Investissement total | 16 M€ |
| Subvention État (France 2030 / Ademe) | 4,2 M€ |
| Mise en service prévue | fin 2027 |
Décarboner sans freiner l’outil de production
Dans un secteur papetier énergivore, la bascule vers la biomasse vise à concilier continuité industrielle et baisse des émissions. L’approvisionnement en plaquettes ou sous-produits ligneux, organisé à l’échelle d’un bassin d’environ 100 kilomètres, doit sécuriser le fonctionnement tout en limitant les transports. La solution retenue doit remplacer une part du gaz utilisé sur site, avec un effet direct sur le facteur carbone de la vapeur process.
Au-delà de l’empreinte environnementale, l’industriel escompte un effet sur les coûts. Le montage contractuel confié à Engie agrège conception, réalisation et exploitation, avec un engagement sur la performance énergétique.
Des partenaires affichent la couleur
« Cette nouvelle installation biomasse contribuera significativement aux ambitions du groupe ICT de réduire son empreinte carbone », a déclaré Johan Lemarchand lors de la pose de la première pierre.
Du côté d’Engie, Benoît Martin met en avant une solution « clé en main » apte à diminuer l’impact carbone du site de Pannes « tout en réduisant la facture énergétique de l’industriel ».
Un jalon local dans la transition industrielle
Cette opération s’inscrit dans l’accélération des projets de chaleur renouvelable portée par les dispositifs nationaux. Pour le Loiret, c’est un signal envoyé à la filière industrielle : des projets lourds peuvent s’ancrer localement à condition d’aligner financement, approvisionnement et calendrier. Le pilotage carbone d’un site de production ne se limite pas aux gains directs : il influe aussi sur la résilience face aux variations de prix des énergies fossiles et sur la conformité aux trajectoires climatiques sectorielles.
Ce que change la chaufferie pour le territoire
- Un volume d’émissions évité chiffré à plus de 11 000 t/an, avec un démarrage opérationnel visé pour 2027.
- Une part de la demande en vapeur couverte à 78 %, limitant l’usage du gaz sur site.
- Un investissement de 16 M€, soutenu par France 2030 et l’Ademe à hauteur de 4,2 M€.
Rendez-vous fin 2027 pour mesurer l’atteinte des objectifs. D’ici là, l’enjeu portera sur l’exécution du chantier, la sécurisation de la ressource biomasse et l’intégration fine de la nouvelle chaufferie au process de l’usine.