Une pièce d’été qui tient la rue et le parc
Sur la scène éphémère du Jardin des Tuileries, le public est assis au ras du gravier. Le soleil décline. Cinq jeunes danseurs entrent et transforment l’espace en terrain de jeu et de bascule. L’ivresse des lucioles n’est pas un spectacle de musée. C’est une pièce de plein air, directe, qui parle d’amitiés, de chocs et de premières frictions, avec la justesse de la rue et la précision d’une écriture contemporaine.
La chorégraphe Carmel Loanga, passée par le compagnonnage de Mathilde Monnier, s’appuie sur des techniques urbaines — krump, voguing, break — et les fond dans un continuum chorégraphique fluide. Chaque interprète apporte sa couleur. Le plateau devient un microcosme où se lisent l’audace, la fragilité et les pulsions juvéniles.
La pièce tient autant à l’énergie collective qu’aux moments détachés : un solo touchant d’un danseur aux cheveux roux, puis des unissons qui claquent, des frappes dans les mains comme des battements de cœur. La bande-son, travaillée par Maximilien Sauvage, et la lumière de Marine Stroeher dessinent des instants suspendus, entre crépuscule et effort physique.
Parmi les interprètes, on note des personnalités marquées :
- Hinako Nakayame, pour son intensité fébrile ;
- Tommaso Pecorari, pour la gravité de ses élans ;
- Lilian Damango, pour la bonhomie et la chaleur du geste.
La scénographie se cale sur l’architecture du jardin : le public est proche, presque dans la danse. Cela renforce la sensation d’assister à une conversation intime et publique à la fois, un peu comme un atelier transformé en représentation.
| Élément | Détail |
|---|---|
| Chorégraphie | Carmel Loanga |
| Lieu | Jardin des Tuileries (Paris) |
| Création lumière | Marine Stroeher |
| Mixage son | Maximilien Sauvage |
| Interprètes (exemples) | Hinako Nakayame, Tommaso Pecorari, Lilian Damango |
Sur le pavé, la chorégraphe revendique un goût pour le « flow » — ce passage continu entre styles et qualités de mouvement. Ici, le mélange fonctionne : de l’électro aux ruptures de tempo, la pièce garde toujours une trajectoire claire. Le public répond par des rires, des silences, des applaudissements qui tombent comme des petites lumières.
Pour les Parisiens qui parcourent le festival Paris l’été, L’ivresse des lucioles est une invitation simple : voir la jeunesse en train d’inventer ses formes, dans un lieu iconique. C’est un spectacle qui s’adresse autant aux familiers de la danse qu’aux curieux de passage.