Le verdict rendu à Strasbourg
Jeudi, la cour d’assises du Bas-Rhin a condamné Joelan Mootoosamy à 20 ans de réclusion criminelle pour des faits de « séquestration suivie de mort » remontant au 30 mars 2014. L’affaire, instruite à partir d’un dossier qui mêle trafic de stupéfiants présumé et violences extrêmes, trouve son origine dans un entrepôt de lavage de voitures à Schiltigheim, où la victime, Anatole Luther Oligbo, a été rouée de coups avant de succomber à ses blessures à l’hôpital.
Les circonstances et les accusations
Selon l’accusation, la scène se serait déroulée après la disparition d’un stock de résine de cannabis — environ 30 kg, estimés à quelque 60 000 € — dont la garde avait été confiée à la victime. Les agresseurs, persuadés d’un vol ou d’une manipulation, auraient forcé l’entrée de locaux où Anatole Oligbo se trouvait et l’auraient battu violemment. L’accusé est soupçonné d’avoir amené la victime sur place et d’avoir détenu la clé des locaux, éléments que la cour a estimés déterminants pour retenir sa responsabilité dans la séquestration.
La défense et les zones d’ombre
La défense conteste que Joelan Mootoosamy ait participé aux coups portés et souligne l’absence de preuve matérielle de sa présence au moment précis des violences. Lors de l’audience, Me Amar Bouaou a notamment noté qu’aucun élément n’établit formellement la présence de son client lorsque les coups ont été administrés. De son côté, une avocate de la défense a annoncé l’intention de faire appel, dénonçant une contradiction et évoquant une erreur judiciaire.
« J’ai fait tout mon possible pour le sauver, le ramener le plus rapidement aux urgences. C’est à cause de moi qu’il est mort. Je l’ai impliqué dans le trafic », a déclaré l’accusé pendant l’audience.
Onze ans d’absence
Après les faits, le prévenu a quitté la métropole pour l’île Maurice, où il est resté environ onze ans avant d’être arrêté et ramené devant la justice française. L’accusation a relevé qu’aucun élément de la procédure ne prouve que Mootoosamy aurait lui-même été menacé avant, pendant ou après le 30 mars 2014, argument crucial pour écarter une éventuelle thèse de contrainte.
Conséquences locales et points à retenir
Au-delà du drame humain, ce dossier met en lumière des réseaux et pratiques liés au trafic de stupéfiants dans le département et soulève des questions sur les enquêtes menées il y a plus d’une décennie. La décision de la cour d’assises n’est pas définitive : la défense a annoncé un appel, ce qui prolongera l’instance et la possibilité d’un nouvel examen en appel.
- Date des faits : 30 mars 2014
- Victime : Anatole Luther Oligbo (décédée des suites des violences)
- Condamné : Joelan Mootoosamy, 45 ans au moment du procès
- Peine : 20 ans de réclusion criminelle
- Lieu : entrepôt de lavage de voitures à Schiltigheim ; jugement à Strasbourg
| Élément | Information |
|---|---|
| Quantité de stupéfiants disparue | 30 kg de résine de cannabis |
| Valeur estimée | ≈ 60 000 € |
| Période de cavale | Environ 11 ans (île Maurice) |
La suite judiciaire dépendra désormais de l’appel annoncé par la défense. Les familles, les enquêteurs et les observateurs locaux suivront de près la procédure d’appel, qui pourrait éclairer davantage les responsabilités et combler certaines zones d’ombre encore présentes dans ce dossier.