Un retour planifié, au cœur d'une stratégie d'État
Les premiers emménageants ont investi des logements à Ganim, localité du nord de la Cisjordanie qui avait été vidée en 2005 lors du désengagement ordonné par le gouvernement d'Ariel Sharon. Ganim devient ainsi la troisième des quatre colonies évacuées à être reconstituée, après Sa‑Nur et Homesh, tandis que Kadim est en voie de l'être.
Cette réoccupation s'inscrit dans un mouvement organisé par l'exécutif israélien, qui avait inscrit Ganim sur une liste de 19 colonies approuvées par le cabinet de sécurité en décembre 2025. La mesure s'inscrit, selon les autorités qui la portent, dans un vaste effort de reconnaissance et de légalisation de diverses implantations en Cisjordanie.
Acteurs et mesures législatives
Le processus combine décisions politiques et actions de terrain. En 2023, la Knesset a modifié la loi sur le désengagement : la nouvelle rédaction lève l'interdiction faite aux Israéliens d'entrer dans les zones des quatre colonies d'origine, ouvrant ainsi la possibilité d'établir de nouveaux droits fonciers, sans pour autant restaurer automatiquement les droits antérieurs annulés en 2005.
« effacer la honte »
La réinstallation a été saluée par des responsables de l'extrême droite israélienne. Le ministre des Finances, cité par les organisations pro‑colons, a qualifié ce retour comme une étape d'une campagne visant à « effacer la honte » liée au désengagement.
Qui s'installe à Ganim ?
Les autorités coloniales locales ont annoncé l'arrivée d'un noyau familial composé notamment de jeunes issus de structures liées à l'extrême droite religieuse. Selon le président du Conseil régional de Samarie, ce groupe comporterait des diplômés de l'académie prémilitaire Bnei David, établie dans la colonie d'Eli.
- Ganim : rétablie et peuplée cet été.
- Sa‑Nur et Homesh : déjà reconstituées précédemment.
- Kadim : en passe d'être rétablie.
Enjeux et conséquences
La recomposition de ces implantations ravive des tensions diplomatiques : leur création ou légalisation modifie la donne sur le terrain, complexifie la perspective d'une reprise de négociations et alimente les critiques internationales concernant l'expansion des colonies. Sur place, ces initiatives redessinent la vie quotidienne des populations palestiniennes voisines, qui voient leur espace de circulation et leurs droits fonciers soumis à de nouvelles pressions.
| Colonie | Statut |
|---|---|
| Ganim | Rétablie — familles en cours d'installation |
| Sa‑Nur | Rétablie |
| Homesh | Rétablie |
| Kadim | En voie de rétablissement |
La décision de décembre 2025 et les évolutions législatives de 2023 offrent désormais un cadre politique et juridique à ces mouvements. Reste à savoir comment la communauté internationale et les acteurs locaux réagiront à cette nouvelle réalité sur le terrain.