Un club historique sans terrain à Haguenau
Fondé en 1991, le Fatih sport Haguenau se retrouve, depuis cet été, sans accès au Parc des sports, équipement qu'il occupait depuis 2006. Le club, qui déclarait 46 licenciés pour la saison à venir, affirme n'avoir reçu aucune proposition alternative de la municipalité et a engagé une procédure judiciaire pour contester la décision.
Interrogée, la mairie explique avoir été contrainte de retirer les créneaux en raison de la saturation des installations et d'un choix politique de prioriser le développement de la pratique féminine et des jeunes. Le Parc des sports partage l'usage avec d'autres clubs phares de la ville, notamment le FRH, qui évolue au quatrième échelon national et constitue, selon la collectivité, le principal club formateur du Nord Alsace.
"À Haguenau, nous disposons d'une offre footballistique très conséquente, avec quatre clubs de foot, plus du foot américain, qui évoluent dans les trois stades de la ville (...) Nous faisons face depuis des années à un contexte de saturation des créneaux, nous avons fait le choix de soutenir le développement de la pratique féminine et des jeunes."
Les relations entre le Fatih et la municipalité se sont tendues lorsque le club, dirigé depuis mai par Mehmet Durna, a découvert qu'il n'existait pas de convention écrite de mise à disposition du Parc des sports : l'occupation reposait sur un arrêté municipal servant de règlement intérieur, selon la ville. Jusqu'à la saison passée, le Fatih disposait encore de deux plages d'entraînement réduites, les mardis et jeudis de 20h15 à 21h30, et y disputait ses rencontres officielles.
Conséquences locales et points de crispation
La décision laisse sans stade un club implanté depuis trente-cinq ans dans la commune et soulève plusieurs questions pratiques et politiques :
- la répartition des créneaux entre clubs et publics (seniors, jeunes, féminines) ;
- la gouvernance et la formalisation des occupations d'équipements municipaux ;
- l'impact sur les licenciés, la continuité sportive et la vie associative locale.
La mairie indique avoir dû décliner des demandes d'accès similaires, comme celle de la Concordia Marienthal, et avoir dissuadé le Réal Schloessel d'engager une équipe en district il y a deux ans en raison d'un manque d'éclairage sur son terrain. Ces éléments soulignent une tension structurelle : la ville revendique plus de 1 100 licenciés au total dans les clubs locaux, majoritairement jeunes et féminines, ce qui pèse sur la disponibilité des créneaux.
| Équipement | Usage cité |
|---|---|
| Parc des sports | Historique d'entraînement du Fatih (2006-2026), désormais attribué selon la ville |
| Réal Schloessel | Stade municipal, limité par l'absence d'éclairage pour certaines compétitions |
| Marienthal | Stade utilisé par d'autres clubs |
Face à l'absence d'alternative acceptée, le Fatih a choisi la voie judiciaire. À court terme, l'issue du recours déterminera si le club retrouvera des créneaux au Parc des sports ou s'il devra se réorganiser ailleurs, potentiellement à l'extérieur de la ville. À plus long terme, l'affaire relance le débat sur les capacités d'accueil des infrastructures sportives à Haguenau et sur la nécessité d'une politique d'attribution des créneaux mieux formalisée pour éviter ce type de conflits.
La procédure en justice est en cours ; la municipalité et les dirigeants du Fatih n'ont pas communiqué d'échéance publique pour une audience ou une médiation.