La demeure de Charles de Gaulle suscite un nouveau débat à Colombey
La question du sort de La Boisserie, la maison du général de Gaulle située à Colombey-les-deux-Églises, est relancée par une prise de position publique d’un des héritiers. Les tractations évoquées ces dernières semaines — un rachat possible par l’État ou par le département de la Haute-Marne — butent désormais sur une opposition affichée.
Dimanche dernier, Pierre de Gaulle, petit-fils du fondateur de la Ve République, a publié un message sur le réseau X dans lequel il affirme que « cette demeure est familiale et doit être transmise à nos enfants ». Ce geste a été accompagné d’un lien vers une cagnotte en ligne destinée, selon lui, à « sauver » la résidence.
« Cette demeure est familiale et doit être transmise à nos enfants, puis de génération en génération, au sein de notre propre famille. »
Me Jean-Jacques Neuer, avocat de Pierre de Gaulle, précise à l’AFP que l’intention de son client « c’est de la garder, pas de la vendre ». Il ajoute toutefois que la maison continuerait à rester ouverte au public et pourrait être gérée « en collaboration » avec l’État et le département, si un tel arrangement était trouvé.
Cette prise de position contraste avec celle des autres héritiers. Selon les éléments rendus publics, Pierre de Gaulle détient 50 % des parts du domaine, tandis que ses frères Yves et Jean en possèdent chacun 25 %. Ces derniers se sont auparavant montrés favorables à un rachat par le département, estimant que La Boisserie est, de fait, un musée depuis plus de quarante ans et appartient « à tous les Français ».
| Héritier | Part détenue |
|---|---|
| Pierre de Gaulle | 50 % |
| Yves de Gaulle | 25 % |
| Jean de Gaulle | 25 % |
Du côté des collectivités, l’intérêt est confirmé. Nicolas Lacroix, président du département de la Haute-Marne, a déclaré à l’AFP que « l’État est intéressé pour l’acheter et le département aussi ». Reste à savoir si les héritiers trouveront un terrain d’entente avec ces candidats acquéreurs potentiels.
Plusieurs enjeux se posent pour la commune et le département :
- la préservation du site et son ouverture au public, qui existe déjà aujourd’hui ;
- le modèle de gestion à long terme (gestion publique, mixte ou familiale) ;
- les questions patrimoniales et symboliques attachées à une demeure liée à l'histoire nationale.
À Colombey, la perspective d’un changement de statut pour La Boisserie inquiète et intéresse à la fois. Pour l’heure, la situation reste en suspens : d’un côté, un héritier principal qui souhaite conserver et protéger la maison au sein de la famille ; de l’autre, des collectivités prêtes à intervenir pour ancrer le lieu dans l’offre patrimoniale publique.
Les prochaines semaines seront déterminantes pour connaître la suite des discussions et la forme que pourrait prendre une éventuelle collaboration entre la famille et les institutions.