Un geste technique au service du patrimoine lillois
Installée dans un ancien refuge d’abbaye du XVe siècle, non loin de Bruxelles, la Manufacture royale De Wit a signé la restauration des tapisseries de l’Hospice Comtesse, actuellement exposées à Lille jusqu’au 11 octobre. Atelier de référence, il se distingue par des procédés et un matériel qu’il a mis au point et breveté en 1992.
Depuis plus d’un siècle, la manufacture attire des commandes de haute volée : des pièces provenant du Louvre, du Mobilier national, du Victoria and Albert Museum de Londres ou encore d’institutions américaines ont franchi ses portes. Ce savoir-faire a été mobilisé pour redonner une vie visuelle aux tapisseries lilloises, souvent fragilisées par l’empoussièrement et l’encrassage.
La Manufacture De Wit s’affirme en la matière comme la référence mondiale.
Une technique douce et efficace
La force de l’atelier réside dans son approche : au lieu d’immersion et de frottements agressifs, la méthode repose sur le dépôt à plat des tapisseries puis une pulvérisation d’eau savonneuse aspirée immédiatement. Le principe évite que la saleté, décollée, ne se redépose sur les fibres et prévient tout risque de déformation ou de dégorgement des teintes.
- Nettoyage par brumisation et aspiration pour une évacuation immédiate de la saleté.
- Rinçage selon le même procédé, puis séchage contrôlé avec serviettes-éponges et mise sous vide.
- Technique adaptée aux tapisseries de grand format, évitant bains et frottements nuisibles.
Le résultat se voit aujourd’hui dans les salles de Lille : des tapisseries retrouvant leur luminosité d’origine, sans perte de matière ni altération des couleurs, restitutant ainsi des pans de l’histoire locale dans des conditions muséales adaptées.
Un petit atelier, un grand rayonnement
La Manufacture emploie dix personnes, mais dispose d’un équipement rare : une table aspirante de 5 × 9 mètres conçue pour accueillir et traiter des pièces de grande taille. Ce matériel breveté a changé la donne face aux anciennes méthodes, parfois dommageables, qui consistent à immerger ou frotter les textiles.
| Fait | Valeur |
|---|---|
| Année de création | 1889 |
| Nombre d’employés | 10 |
| Table aspirante | 5 × 9 m |
| Brevet | 1992 |
| Exposition à Lille | Jusqu’au 11 octobre |
Pour Lille, cette opération dépasse le simple geste technique : elle renforce l’attractivité culturelle de la ville et assure la préservation d’un patrimoine visible par tous. Les visiteurs qui arpenteront bientôt l’Hospice Comtesse retrouveront des œuvres traitées selon des protocoles qui respectent autant l’esthétique que la structure même des tissus.
Dans une époque où la conservation des biens culturels exige à la fois expertise et équipement, la coopération entre institutions locales et ateliers spécialisés comme De Wit montre la voie d’une restauration respectueuse et durable des trésors tissés de la région.