Un changement d'infrastructure aux conséquences immédiates
Le 18 mai, la section comprise entre Digoin et Gilly-sur-Loire a été exploitée en voie unique. Cette modification, imposée faute d'investissement suffisant pour entretenir la seconde voie, réduit la capacité de la liaison entre Paray-le-Monial et Moulins et a déjà entraîné le transfert d'une partie des services TER vers la route.
Pour les usagers, le constat est sans ambages : allongement des temps de parcours, dégradation du confort à bord, conditions d'attente plus précaires et correspondances moins fiables. Ces conséquences ont été dénoncées par l'Association de développement de la ligne Paray-Lyon (Adélifpaly) et par des élus locaux et nationaux.
Une ligne souvent présentée à tort comme « secondaire »
La portion touchée ne se limite pas à une desserte locale. Outre le rôle dans la mobilité quotidienne, elle dessert des agglomérations et des activités économiques locales (pèlerinages à Paray, industries en aval de Gilly) et constitue un maillon d'itinéraires transversaux plus larges, notamment la transversale Lyon–Nevers et une alternative pour la liaison Lyon–Nantes via Moulins, Nevers, Vierzon et Tours.
Ces liaisons transversales, rappellent ses défenseurs, ont subi ces dernières années un net recul face à la priorité accordée aux liaisons centrées sur Paris. Le cas de la ligne Paray–Moulins illustre, pour eux, la fragilisation d'axes qui permettent pourtant des correspondances inter-régionales.
Réactions locales et actions de protestation
La diminution de la qualité du service a déjà provoqué des mobilisations : une manifestation avait rassemblé en mars des usagers et élus, dont le député Yannick Monnet, pour dénoncer l'état de la voie et la perte progressive de services. L'association Adélifpaly maintient la pression pour obtenir des engagements clairs sur la remise en état et la remise en capacité de la section.
- Date clé : 18 mai, mise en voie unique entre Digoin et Gilly-sur-Loire.
- Impacts : transfert partiel des TER sur route, dégradation du confort et des correspondances.
- Acteurs mobilisés : Adélifpaly, élus locaux et nationaux (dont Yannick Monnet).
« La dégradation des services résulte de l'obsolescence de la voie », ont souligné les opposants lors des rassemblements de contestation.
Quels enjeux pour Moulins et l’avenir de la ligne ?
À Moulins, l'inquiétude porte sur la pérennité d'offres ferroviaires attractives pour les habitants et les entreprises. Une réduction durable de la capacité de la ligne peut affecter les déplacements quotidiens, la fréquentation des gares et la compétitivité des déplacements inter-régionaux qui passent par la préfecture de l'Allier.
Les défenseurs de la ligne réclament des décisions rapides d'investissement pour restaurer la double voie et garantir la fiabilité des services. Sans calendrier et moyens clairement annoncés, le risque est, selon eux, d'une bascule progressive vers le tout routier et d'une perte d'options de connexion pour Moulins et les territoires voisins.
| Élément | Situation actuelle |
|---|---|
| Section concernée | Digoin – Gilly-sur-Loire (19 km) |
| Date de la mesure | 18 mai (mise à voie unique) |
| Conséquences immédiates | Capacité réduite, TER partiellement remplacés par autocars |
La saga de cette ligne illustre le dilemme plus large de la politique ferroviaire française : arbitrer entre entretien des maillons transversaux et priorités d'un réseau historiquement centré sur la capitale. Pour les usagers de Moulins, l'enjeu est concret : conserver des liaisons fiables et adaptées aux besoins du quotidien et des mobilités interrégionales.