Un appel à la « lutte quotidienne » dans une ville marquée par des homicides
À Nantes, la visite d'Amine Kessaci vendredi 10 juillet a ravivé le débat sur la réponse publique au narcotrafic. Reçu par la maire Johanna Rolland sous haute protection, le militant marseillais — dont deux frères ont été assassinés — a demandé des actions de proximité « tous les jours », notamment dans les écoles et « au pied des immeubles ». Sa venue intervient alors que la ville a connu, depuis la fin avril, au moins quatre meurtres par arme à feu liés au trafic de stupéfiants, selon les enquêteurs.
Lors de ces échanges, élus, associations et acteurs de terrain ont insisté sur la double nécessité : poursuivre le démantèlement des réseaux tout en renforçant la prévention et le travail de terrain au plus près des habitants. Johanna Rolland a souligné la nécessité d'articuler ces deux volets pour ne pas laisser d'espace aux trafics.
« La narcocratie se combat aussi tous les jours, dans les écoles mais aussi au pied des immeubles l'été, quand les habitants sont dans la rue parce qu'il fait trop chaud dans leur appartement. » — Amine Kessaci
Quelles réponses concrètes ?
Au-delà des déclarations, la mairie a annoncé l'adhésion de Nantes à l'association des maires européens engagés contre le narcotrafic, fondée par Amine Kessaci. Cette plate-forme rassemble des villes confrontées au phénomène et vise à favoriser les échanges d'expériences et des dispositifs de prévention entre partenaires.
- Renforcement de la coopération locale entre police, justice et acteurs sociaux ;
- Déploiement d'actions de prévention ciblées en milieu scolaire ;
- Mise en place d'échanges entre villes pour proposer des séjours ou dispositifs de sorties de l'exposition aux trafics.
Sur le terrain, les habitants interrogés expriment inquiétude et désir d'actions visibles : présence renforcée la nuit, projets éducatifs pour les jeunes et interventions dans les espaces publics. Pour les associations, il s'agit aussi de ne pas stigmatiser les quartiers mais d'accompagner les familles et les jeunes exposés.
Des contours encore à préciser
Si l'adhésion à un réseau européen peut faciliter des échanges de bonnes pratiques, elle ne remplace pas des mesures locales concrètes ni des moyens affectés aux services de prévention. La municipalité devra préciser les budgets, les calendriers et les partenaires opérationnels pour que les annonces se traduisent rapidement en actions perceptibles par les Nantais.
| Élément | Ce qui a été dit |
|---|---|
| Violences récentes | Au moins 4 meurtres par arme à feu depuis fin avril (liés au trafic) |
| Adhésion | Nantes rejoint l'association des maires européens fondée par Amine Kessaci |
| Axes proposés | Démantèlement des réseaux + refonte de la prévention |
La rencontre a ouvert une séquence de discussions entre élus et acteurs locaux. Reste à transformer ces intentions en actions durables dans les écoles, dans les halls d'immeubles et dans la vie quotidienne des quartiers nantais.