Des séquelles encore vives au cœur de Nice
Dix ans après le drame qui a frappé la Promenade des Anglais, les traces physiques et psychologiques subsistent pour nombre de Niçois. Si le Fonds de Garantie des victimes d'actes de Terrorisme et d'autres Infractions (FGTI) a pris en charge près de 3 000 personnes au plan national, certains protagonistes locaux estiment ne pas avoir obtenu ni la reconnaissance ni l'aide financière attendues.
Le cas de Marc Phalip, témoin et sauveteur
Parmi eux, Marc Phalip, pompier volontaire au moment de l'attentat, relate la violence des images qui l'habitent encore : cauchemars nocturnes et visages imprimés « pour la vie ». Ce soir-là, il a porté secours, transporté deux blessés graves jusqu'à l'hôpital Pasteur et prodigué des soins sur la Promenade jusqu'à l'aube.
« Ça me bouffe, ça me ronge. Je ressens beaucoup de colère, parce qu'on m'a dit 'vous n'étiez pas sur la Promenade'. »
Pour lui, la décision du FGTI — émettant des doutes sur sa présence exacte sur la Promenade et le privant ainsi d'indemnisation et du statut de victime — a ravivé le sentiment d'injustice et d'abandon.
Des indemnisations mais des situations inégales
Le bilan national du FGTI montre une mobilisation financière significative. Sur le terrain, cependant, des dossiers restent en attente ou sont contestés, laissant des victimes et des témoins sans ressources adaptées au suivi médical et psychologique nécessaire.
- Presque 3 000 personnes indemnisées au plan national par le FGTI depuis 2016.
- Des demandes rejetées ou en attente pour certains Niçois, y compris des acteurs de premiers secours.
- Des séquelles psychologiques durables — cauchemars, images intrusives, colère face au non‑reconnaissance.
| Élément | Statut connu |
|---|---|
| Nombre de personnes indemnisées (depuis 2016) | ~3 000 |
| Cas niçois rejetés / en attente | Non précisé |
Conséquences locales et questions en suspens
Au-delà du chiffre national, la question reste politique et sociale pour Nice : comment accompagner les victimes qui n'obtiennent pas reconnaissance ? Quelles garanties pour les témoins intervenus spontanément ? Le sentiment d'abandon exprimé par certains, comme Marc Phalip, illustre une fracture entre dispositifs nationaux et situations individuelles sur le terrain.
À l'approche de l'anniversaire, associations, avocats et pouvoirs publics locaux pourraient être appelés à clarifier les procédures, accélérer les réponses et mieux coordonner l'accompagnement médical et psychologique. Pour beaucoup, la réparation reste inachevée tant que la reconnaissance administrative et l'aide concrète tardent à venir.