Un recours contre un arrêté motivé par des « dommages exceptionnels »
L'association One Voice a annoncé qu'elle allait contester l'arrêté préfectoral autorisant, jusqu'au 8 octobre 2026, des opérations de prélèvement d'un loup en Margeride, secteur partagé entre la Lozère et la Haute-Loire. L'action porte sur la procédure même qui permettrait à des équipes spécialisées de rechercher et d'abattre un individu sans qu'un animal précis ait été formellement identifié comme responsable des attaques.
Les préfets, pour leur part, justifient leur décision par une série d'attaques répétées sur les troupeaux ovins. Selon le communiqué préfectoral relayé par One Voice, les opérations s'inscrivent dans le cadre du plan national d'actions « loup et activités d'élevage » et mobilisent les lieutenants de louveterie en coordination avec l'Office français de la biodiversité. Elles viennent compléter d'autres mesures déjà déployées : aides aux moyens de protection, tirs de défense et intervention de la brigade Grands Prédateurs.
- 56 attaques recensées depuis le début de l'année sur le secteur (selon One Voice).
- 242 animaux tués ou blessés lors de ces incidents (donnée fournie par l'association).
- Arrêté applicable jusqu'au 8 octobre 2026 et couvrant plusieurs communes de la Margeride.
Pour One Voice, la portée de l'arrêté pose un risque : l'association soutient que de nombreux dossiers sont classés en « prédation loup non exclu », ce qui, selon elle, ne permet pas d'attribuer avec certitude la responsabilité au loup. Elle craint donc que l'opération vise « au hasard » un individu non impliqué dans les dommages recensés.
"Ce n’est pas un tir, c’est une battue. On va traquer et tuer un loup au hasard"
Le dossier illustre la tension persistante entre les besoins de protection des éleveurs et la préservation d'une espèce dont la population nationale reste, pour certains acteurs, fragile. Les services de l'État insistent toutefois sur la sévérité de la situation locale et sur la coordination avec les acteurs techniques (louvetiers, OFB) pour limiter les dommages aux élevages.
Sur le terrain, les éleveurs concernés attendent des réponses rapides et concrètes pour protéger leurs troupeaux, tandis que les associations de protection animale cherchent à contester juridiquement des mesures qu'elles estiment disproportionnées ou imprécises. Le recours de One Voice devrait relancer le débat et amener le tribunal compétent à arbitrer entre impératifs de protection des activités agricoles et garanties apportées à la conservation de la biodiversité.
| Élément | Chiffre |
|---|---|
| Attaques signalées | 56 |
| Animaux tués ou blessés | 242 |
| Date limite de l'arrêté | 8 octobre 2026 |