Une voix et une colère qui ont marqué la scène orléanaise
La ville d'Orléans perd une voix singulière. Claude Antonini, chanteuse, poétesse, comédienne et multi‑instrumentiste, s’est éteinte le samedi 15 août à l’âge de 80 ans, dans son appartement d’Olivet. Née le 11 avril 1946 à Belfort, elle avait fait le choix de vivre de son art, parcourant cabarets et scènes avant de s’installer durablement dans le Loiret en 1986, à l’occasion de la naissance de son fils cadet, Martin.
Figure héritière de l’esprit libertaire de mai 1968 et grande amie de Colette Magny, elle a tissé un parcours mêlant poésie, chanson engagée et action culturelle. Spécialiste reconnu du poète Gaston Couté, elle l’interprétait « comme personne », selon des proches, et a consacré à cette figure locale un ouvrage présenté en 2010 à la librairie Chapitre.
Une action culturelle structurée à Orléans
Installée à Orléans, elle a fondé en 1990 la Compagnie d’Ariane, définie comme une « structure d’action culturelle et d’éducation populaire ». Par cette structure, elle produisait ses disques et spectacles et s’engageait dans la transmission, reliant création et territoire. Plus récemment, elle se produisait au sein du trio Mélodies Louches.
- Artiste polyvalente : chanteuse, comédienne, peintre, poétesse, metteuse en scène, multi‑instrumentiste.
- Implantation locale : arrivée à Orléans en 1986, fondation de la Compagnie d’Ariane en 1990.
- Hommages et références : grande amie de Colette Magny, défenseuse de Gaston Couté.
Son itinéraire garde des images : concerts marquants, compagnonnage avec des musiciens orléanais et régionaux et une fidélité aux causes qu’elle servait. L’un de ses derniers grands rendez‑vous avec le public a eu lieu en 2009 à La Passerelle, à Fleury‑les‑Aubrais — un concert qui, selon des proches, avait laissé une forte impression.
« Ces derniers temps, elle a été un peu oubliée », confie le musicien Gérard Dussoubs, tout en rappelant l’empreinte dont elle a su laisser trace sur la scène locale.
Un héritage local et des références musicales
Ses collaborations et références disent la diversité de son répertoire. Lors de l’hommage à Léo Ferré, elle avait été accompagnée par Vincent Viala (piano), le regretté Jacques Trupin (bandonéon) et Bruno Girard (violon). Son fils cadet, Martin Groff, cite aussi le poète Maurice Rollinat parmi les influences de sa mère.
| Année | Fait marquant |
|---|---|
| 1946 | Naissance à Belfort (11 avril) |
| 1986 | Installation à Orléans |
| 1990 | Création de la Compagnie d’Ariane |
| 2009 | Concert remarqué à La Passerelle (Fleury‑les‑Aubrais) |
| 2010 | Hommage à Colette Magny ; présentation d’un ouvrage sur Gaston Couté |
| 2026 | Décès à Olivet (15 août) |
La disparition de Claude Antonini souligne la fragilité de la mémoire culturelle locale : celle d’une artiste engagée, qui n’a jamais cherché la notoriété facile mais qui a contribué, pendant des décennies, à la vie artistique du Loiret et à la formation de publics. Les scènes orléanaises et les structures d’éducation populaire qui l’ont côtoyée auront désormais à porter ce souvenir.
Les proches et musiciens qui l’ont accompagnée ces dernières années appellent à reconnaître l’ampleur de son œuvre et son rôle d’éveilleuse des consciences, à travers la chanson et la poésie.