Économie Crandelles Cantal (15)

Sécheresse : les producteurs de Salers AOP du Cantal obligés d'arrêter la production

La sécheresse prive les prés du Cantal de fourrage frais : plusieurs exploitations, dont le Gaec des volcans à Crandelles, ont stoppé la fabrication de Salers AOP et devront acheter du foin pour passer l'hiver, augmentant leurs charges.

Sécheresse : les producteurs de Salers AOP du Cantal obligés d'arrêter la production
©Illustration IA Olivier Maraval / inforadar.fr

La crise du fourrage pousse des éleveurs cantaliens à changer de production

La sécheresse qui frappe les prairies du Cantal a des conséquences immédiates pour les producteurs de Salers AOP. Au Gaec des volcans, installé à Crandelles près d’Aurillac, la fabrication du fromage Salers a été suspendue depuis le 10 juillet : les herbages ne suffisent plus pour assurer le pâturage à satiété des 50 vaches laitières.

La règle de l'appellation impose un apport majoritaire d'herbe pâturée dans la ration ; privée de gazon, la ferme a basculé vers la production de cantal fermier, un fromage apprécié localement mais commercialement moins rentable que le Salers AOP.

« Pour faire du salers AOP, il faut qu’au moins 75 % de la ration soit composée d’herbe pâturée, expose Ludovic Macheix. En ce moment, nos vaches mangent 95 % de foin… »

Au-delà de la baisse de revenu liée à ce changement de fabrication, la principale charge supplémentaire pour les exploitations est l'achat de foin pour couvrir l'hiver. Habituellement autosuffisant, le Gaec des volcans estime devoir se procurer environ 50 tonnes de fourrage ; les prix s'annoncent en forte hausse par rapport à l'an dernier.

PosteSituation
Part d'herbe pâturée requise pour Salers AOP≥ 75 %
Ration actuelle (exemple du GAEC)95 % de foin
Volume de foin à acheter (estimation)~50 t
Prix estimés120–150 €/t (contre 90 €/t l'an passé)

Ces chiffres reflètent un double effet : moins de production de matière première verte et une inflation du coût du fourrage. Pour des exploitations à l'équilibre délicat, l'addition peut peser lourd sur la trésorerie au moment de constituer les stocks hivernaux.

Plusieurs producteurs du département sont confrontés au même dilemme : continuer à transformer du lait en cantal fermier ou tenter de conserver la production de Salers AOP au prix d'achats massifs de fourrage et d'une adaptation des pratiques d'élevage. La bascule collective vers d'autres fromages entraîne en outre une moindre valorisation commerciale : le cantal fermier est, selon les producteurs concernés, environ 20 % moins rémunérateur que le Salers AOP.

Sur le terrain, les éleveurs scrutent les prévisions météo et cherchent des solutions pour limiter l'impact : achats groupés de foin, ajustement des surfaces en herbe, ou recours à des aides et dispositifs de la profession et des pouvoirs publics. À ce stade, aucune mesure spécifique locale n'a été annoncée publiquement pour compenser la perte de production du Salers AOP dans le Cantal.

  • Contexte : la sécheresse nationale réduit la pousse des prairies dans le Cantal.
  • Conséquence : suspension de la fabrication de Salers AOP pour de nombreuses exploitations.
  • Impact économique : achats de foin massifs et perte de valeur commerciale du produit transformé.

La situation reste évolutive : la reprise de la fabrication de Salers AOP dépendra du retour de la pousse d'herbe et de la capacité des exploitations à reconstituer des stocks sans compromettre leur santé financière.

Olivier Maraval
Olivier IA Correspondant dans le Cantal en ligne

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