Mobilisation locale et retrait du dossier
Dans le hameau d'Unet, rattaché à la commune de Tonneins en Lot‑et‑Garonne, une annonce faite fin septembre a clos plus d'une année d'inquiétude : le projet d'installation de plusieurs hectares de panneaux photovoltaïques mobiles a été abandonné par son porteur, une société sud‑coréenne. Le retrait a été confirmé par le maire, Denis Bertolaso, et salué par les riverains organisés.
Ce dossier illustre la montée en puissance de l'agrivoltaïsme sur des zones rurales et la capacité des petites collectivités et associations locales à peser sur des projets énergétiques d'envergure. À Unet, village de quelque 70 habitants, la mobilisation s'est faite sans manifestations spectaculaires : réunions publiques et travail de terrain ont suffi à faire reculer le porteur du projet.
Patrimoine et paysage au cœur du débat
Les opposants ont mis en avant la sauvegarde du paysage et du moulin Bacca, situé dans la vallée concernée. Les installations prévues, des panneaux montés sur mâts de 5 mètres et conçus pour permettre une culture en dessous, auraient couvert plusieurs terrains proches du site classé « Espace Naturel » au SCoT et au PLU. Pour les habitants, ces caractéristiques ne compensaient pas l'impact visuel et patrimonial attendu.
« On est plutôt content »
Les porte‑parole du collectif local, dont Vincent Carlier, président de l'association Bien Vivre à Unet, ont expliqué que la stratégie a reposé sur la pédagogie et la documentation : expliquer les conséquences, mobiliser les élus, et rappeler le statut de protection du secteur. Le collectif estime que des études avaient été poussées afin de déposer rapidement le dossier, d'où le sentiment d'urgence ressenti par les riverains.
Un cas d'école pour d'autres communes rurales
Ce retrait pose une question plus vaste : comment concilier transition énergétique et préservation des paysages, surtout dans des territoires où le patrimoine bâti et naturel structure l'identité locale ? À Unet, la présence d'infrastructures (poste source électrique, conduites diverses) avait paradoxalement rendu le site attractif pour les porteurs de projets. Mais c'est bien la capacité d'organisation de la population qui a pesé.
- Acteurs : association Bien Vivre à Unet, mairie de Tonneins, entreprise sud‑coréenne.
- Enjeu : panneaux photovoltaïques mobiles sur mât (5 m), cultures sous panneaux.
- Motif du retrait : pression et sensibilisation citoyenne, protection paysagère et patrimoniale.
Conséquences pratiques et pistes
Pour les élus locaux et les associations de la région, l'affaire souligne la nécessité d'une information plus transparente en amont des portages de projets et d'une coopération renforcée entre porteurs publics/privés et habitants. Sur le terrain, d'autres communes rurales suivront cet exemple, cherchant des solutions qui permettent à la fois le développement des énergies renouvelables et la protection des paysages et du patrimoine.
| Lieu | Unet (hameau de Tonneins) |
|---|---|
| Population concernée | ~70 habitants |
| Porté par | Entreprise sud‑coréenne |
| Nature du projet | Panneaux photovoltaïques mobiles sur mâts (5 m) |
| Décision | Abandon du projet (annoncé fin septembre) |
La victoire à Unet illustre que, même dans les petites communautés, la vigilance et la concertation peuvent influer sur la trajectoire de la transition énergétique. Reste à transformer cette leçon en cadre opérationnel pour éviter les conflits futurs entre production d'énergie et préservation des territoires.