Un universitaire bordelais poursuivi pour transmission d’informations sensibles à la Chine

Un enseignant-chercheur de l’Institut de mécanique et d’ingénierie de Bordeaux (I2M) a été mis en examen le 16 décembre dernier. Les charges retenues contre lui sont graves : « livraison d’information à une puissance étrangère », « intelligence avec une puissance étrangère » et « complicité d’intrusion dans un local ou terrain clos intéressant la défense nationale ».

L’affaire remonte à un rapport d’incident de la Défense nationale concernant l’Université de Bordeaux, qui a conduit le Secrétariat général de la Défense et de la Sécurité nationale (SGDSN) à saisir la justice en janvier 2024. Une information judiciaire a été ouverte en mai de la même année.

Selon les éléments de l’enquête, le scientifique, un professeur de mathématiques appliquées de classe exceptionnelle, est soupçonné d’avoir fait pénétrer des membres d’une délégation chinoise dans des zones de son institut classées « à régime restrictif ». Ces zones font l’objet de mesures de protection spécifiques visant à prévenir toute captation d’éléments essentiels du potentiel scientifique ou technique national.

Le parquet de Paris précise que l’homme a été laissé libre sous contrôle judiciaire. Son avocat n’a pas souhaité s’exprimer dans l’immédiat.

Ce chercheur, reconnu dans son domaine et en fin de carrière, entretient depuis ses études des collaborations avec des homologues chinois. Il séjournait régulièrement, deux mois par an jusqu’à récemment, à l’Université de Xiamen, réputée pour son école de sciences mathématiques. Ses travaux de recherche impliquaient également un partenariat avec une société spécialisée dans la propulsion aérospatiale.

L’enquête, toujours en cours sous l’autorité d’un juge d’instruction, a donné lieu à plusieurs auditions en garde à vue en février 2025. L’analyse de supports saisis lors de perquisitions aurait conduit à la mise en examen de l’universitaire.

Interrogé sur cette affaire, un représentant syndical du supérieur a exprimé sa surprise face à la gravité des accusations. Il a rappelé que les missions des enseignants-chercheurs incluent la production de connaissances et la coopération internationale, activités encouragées par les institutions.

Cette procédure intervient dans un contexte de vigilance accrue des autorités concernant la protection du patrimoine scientifique et technique français. Le cadre juridique punit sévèrement les atteintes aux intérêts fondamentaux de la nation, avec des peines pouvant aller jusqu’à quinze ans de réclusion criminelle pour les faits les plus graves.

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