Près de trois décennies après les faits, la cour d’assises des Yvelines a refermé une page judiciaire longtemps restée entrouverte. Le vendredi 3 juillet, les jurés ont condamné Marie‑Thérèse Garcia, 79 ans, à 25 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de Corinne Di Dio, disparue en 1995. L’avocate générale avait requis 30 ans. Le co‑accusé, Antonio Marquez‑Gomez, a été acquitté.
Un dossier ancien, une violence hors norme
La disparition de Corinne Di Dio remonte au 19 juin 1995. Quelques jours plus tard, le 28 juin 1995, une malle est repérée à la dérive dans la Seine, dans le département de l’Eure. À l’intérieur, un corps atrocement mutilé : tête et mains absentes, membres sectionnés. L’identification ne sera établie que le 18 août 1997, deux ans plus tard. La scène présumée du crime ? Une maison située à Saint‑Hilarion (Yvelines), aux portes d’Épernon, selon la thèse de l’accusation.
Le verdict: une culpabilité exclusive retenue
Au terme des débats, les jurés ont estimé que Marie‑Thérèse Garcia était l’unique responsable du meurtre. Le second mis en cause, Antonio Marquez‑Gomez — déjà condamné en 2025 à 8 ans de prison pour trafic international de stupéfiants, en fuite et vivant sous faux nom en Colombie — a été blanchi dans ce dossier criminel. La septuagénaire, écrouée depuis 2023, a pris la parole avant le délibéré ; son intervention a duré onze minutes.
Une affaire qui a marqué le territoire
Cette procédure au long cours s’inscrit dans une mémoire locale vive. Le nom de Saint‑Hilarion, petite commune à l’extrémité sud des Yvelines, revient comme un point d’ancrage dans l’instruction, tandis que la découverte de la malle dans l’Eure rappelle l’ampleur géographique des investigations. La cour d’assises départementale, compétente pour juger les crimes, a dû recomposer patiemment un puzzle ancien, fait de traces ténues et d’un contexte de grande violence.
Ce que retient la cour
- La responsabilité pénale de Marie‑Thérèse Garcia est retenue pour le meurtre de 1995.
- Le co‑accusé Antonio Marquez‑Gomez est acquitté dans ce dossier criminel.
- La peine s’établit à 25 années de réclusion, en deçà des 30 ans requis.
Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|---|
| 19 juin 1995 | Disparition de Corinne Di Dio |
| 28 juin 1995 | Découverte d’une malle contenant un corps dans la Seine (Eure) |
| 18 août 1997 | Identification de la victime |
| 2023 | Incarcération de Marie‑Thérèse Garcia |
| 2 juillet (veille du verdict) | Prière de parole de la mise en cause, 11 minutes |
| 3 juillet | Condamnation à 25 ans; acquittement du co‑accusé |
Après le verdict
Le jugement de la cour d’assises intervient au terme d’un procès chargé d’histoire, où le temps long de l’enquête a côtoyé la dureté des faits. Dans ce type de contentieux, la peine prononcée marque la reconnaissance d’une responsabilité individuelle face à un crime ancien qui a profondément choqué au‑delà des frontières des Yvelines. Le rappel des lieux — Saint‑Hilarion pour la scène supposée, l’Eure pour la découverte — dit aussi l’empreinte laissée sur le territoire.
À l’issue de l’audience, la condamnation à 25 années de réclusion entérine la position du jury populaire : une culpabilité exclusive retenue pour un meurtre commis en 1995, dont l’épilogue judiciaire s’écrit aujourd’hui, en 2026, au sein de la juridiction départementale.