Un geste qui a tout changé dans la nuit rue Sainte‑Catherine
En mars 2024, la sortie d’une soirée tourne au drame pour un étudiant de 19 ans qui rentrait à pied vers son logement. Alors qu’il traversait la rue Sainte‑Catherine à Bordeaux, il a été interpellé par deux personnes, selon ses déclarations lors de l’audience ouverte jeudi 3 septembre à la cour criminelle de la Gironde. Le point d’orgue de l’agression : un jet d’ammoniaque sur son visage qui l’a rendu aveugle d’un œil.
Arrivé au procès entouré de sa famille et d’amis, le jeune homme — qui vit désormais à Paris — a décrit sans détours les séquelles: difficultés à lire et à écrire, cauchemars récurrents, retrait social, prise de poids et recours à l’alcool. Il a expliqué aux juges que, désormais, il ne sort plus seul le soir et que l’événement le hante au quotidien.
« Sur le coup, ça m’a brûlé très fort la gorge et l’œil… J’ai couru mais je n’y arrivais pas car j’étais aveuglé et sous le choc. »
Les deux personnes mises en cause, présentes dans le box des accusés, sont décrites par la victime comme des personnes sans domicile fixe. La justice qualifie les faits de vol avec violence. Le dossier fait par ailleurs état d’un contexte de forte consommation de stupéfiants chez les mis en cause, élément évoqué au cours de l’instruction et repris lors de l’audience.
Conséquences physiques, mais aussi psychologiques
Sur le plan corporel, la douleur aiguë a laissé place à une atteinte visuelle définitive : l’œil touché est désormais non fonctionnel. Mais c’est la dimension psychique qui domine le récit de la victime devant la cour. Il a détaillé l’impact sur sa vie quotidienne : impossibilité de pratiquer des activités sportives comme auparavant, perte d’autonomie dans les déplacements nocturnes et état anxieux persistant.
La procédure vise à établir les responsabilités et les circonstances précises de l’agression. L’audience devra aussi évaluer les réparations et l’indemnisation éventuelle au regard des préjudices subis.
Ce que retiennent les riverains et usagers du centre‑ville
L’affaire relance les inquiétudes autour de la sécurité dans le centre commercial et nocturne de Bordeaux, particulièrement rue Sainte‑Catherine, artère très fréquentée. Pour les commerçants et habitants, ce type de faits laisse un goût amer et des questions sur la prévention, la présence policière et l’accompagnement des victimes.
- Lieu : rue Sainte‑Catherine, Bordeaux.
- Date des faits : mars 2024.
- Victime : étudiant, 19 ans au moment des faits, désormais installé à Paris.
- Charges : vol avec violence ; produit utilisé : ammoniac.
| Élément | Information |
|---|---|
| Audience | Ouverte le 3 septembre 2026 à la cour criminelle de la Gironde |
| État de la victime | Aveugle d’un œil, séquelles psychologiques |
| Mise en cause | Deux personnes sans domicile fixe (présumées) |
Le procès doit permettre de faire la lumière sur le déroulé exact de la scène, d’entendre les témoins et d’évaluer la responsabilité pénale des prévenus. Au‑delà de l’action judiciaire, l’affaire pose la question du soutien aux victimes d’agressions au produit chimique et des moyens mis en œuvre pour prévenir de tels actes dans l’espace public très fréquenté du centre bordelais.
Pierrick Vauthier, correspondant InfoRadar en Gironde.