Une reprise de chantier pour trois ans
Dans le creux discret de la Brie, l’abbaye de Faremoutiers a rouvert un chapitre de son histoire. Du lundi 27 juillet au vendredi 31 juillet 2026, une équipe de sept personnes — mêlant archéologues médiévistes et étudiants de Sorbonne Université — est intervenue dans ce qui demeure aujourd’hui la cave de l’abbaye. L’opération s’inscrit dans un programme de recherche prévu sur trois ans, renouvelable annuellement, dont l’objet est de reprendre et compléter des investigations laissées inachevées au début des années 1990.
Le site, déjà exploité entre 1988 et 1991, avait été abandonné sans le rendu complet des rapports d’opération, laissant des vestiges et du mobilier enfouis ou simplement mis de côté. L’équipe actuelle a pour mission prioritaire un état des lieux rigoureux : nettoyage, tri et datation des éléments laissés sur place.
« Ces fouilles sont restées inachevées, notamment par l’absence de rapports d’opération remis pour les années 1989, 1990 et 1991. »
La diversité des découvertes possibles donne à ce chantier une large portée chronologique. Les chercheurs s’attendent à mettre au jour des traces allant de l’époque gallo‑romaine jusqu’à des niveaux modernes, en passant par des témoins du Moyen Âge. Parmi les fragments qui alimenteront l’étude : ossements, tessons de poterie, éléments de verre, briques et carreaux — autant d’indices qui, une fois étiquetés et analysés, permettront de mieux comprendre l’évolution du site.
Un travail d’archives sur le terrain
Sur le terrain, l’intervention consiste d’abord à « rafraîchir » la zone fouillée il y a 35 ans : reprendre les décapages, classer les mobiliers et reconstituer la séquence stratigraphique. Le chantier associe la connaissance des médiévistes et la vitalité des étudiants en formation pratique, offrant à ces derniers un terrain d’apprentissage rare, au cœur d’un monument encore habité par des strates historiques superposées.
- Durée du projet : trois ans, avec bilans annuels.
- Équipe mobilisée : sept intervenants, dont spécialistes et étudiants.
- Période couverte : de l’Antiquité à l’époque contemporaine.
Pour la communauté de l’abbaye, cette reprise est l’occasion non seulement d’éclairer des zones d’ombre archéologiques, mais aussi de confronter les archives anciennes aux méthodes actuelles. Le tri fin des fragments et l’étiquetage systématique doivent permettre, à terme, la rédaction de rapports pleinement exploitables et consultables par les chercheurs.
Enjeux pour le territoire
Au-delà de la découverte scientifique, ces fouilles ont une dimension patrimoniale et culturelle pour la Seine‑et‑Marne. Elles peuvent nourrir des expositions locales, renforcer l’offre de médiation autour de l’abbaye et attirer des visiteurs curieux de l’histoire régionale. À court terme, l’opération offre aussi une fenêtre pédagogique : les étudiants impliqués rapporteront des techniques et des pratiques qui profiteront aux futures campagnes.
| Années | Événement |
|---|---|
| 1988–1991 | Premières fouilles interrompues |
| 2026 | Reprise de la fouille (campagne initiale fin juillet) |
| 2026–2028 | Programme pluriannuel prévu |
À quelques lieues des grandes voies, l’abbaye de Faremoutiers continue donc de rendre ses secrets, couche après couche. La patience des archéologues et l’attention portée au moindre fragment promettent d’affiner la connaissance de ce site qui, longtemps, a regardé passer les siècles sans livrer tous ses récits.