Un réseau enterré pour répondre à la sécheresse estivale
Sur l'alpage de la Gittaz, à Beaufort‑sur‑Doron, six éleveurs qui montent leurs troupeaux quatre mois par an vont voir leur quotidien profondément modifié : l'Association foncière pastorale (AFP) du Cormet de Roselend engage cet été la pose d'un réseau d'adduction d'environ 12 km, accompagné de dispositifs de stockage et de remontée d'eau. L'objectif : limiter les opérations manuelles et coûteuses (citernage, tirage de tuyaux) lorsque ruisseaux et sources se tarissent en période de canicule.
La décision repose sur une expertise hydrologique qui a validé la pérennité de la source choisie malgré les aléas climatiques. Les autorisations nécessaires — notamment les prélèvements sur le milieu naturel — ont été délivrées par la DDT, et les servitudes de passage négociées entre propriétaires.
« La quantité de précipitations est globalement stable, mais le changement climatique a réduit les précipitations estivales et les a reportées à des saisons où les animaux sont absents des estives »,
observe Clément Teppaz, de la Société d'économie alpestre de la Savoie, expliquant le diagnostic qui a poussé les acteurs à agir.
Une mutualisation lourde mais partagée
L'AFP rassemble sur ce versant huit propriétaires privés et couvre un périmètre conséquent. Sa capacité à mutualiser les coûts a permis de porter un plan d'investissement de plusieurs centaines de milliers d'euros. Le montage financier repose pour 70 % sur un plan pastoral territorial, le solde étant autofinancé par l'AFP — une facilité rendue possible par des liens de parenté fréquents entre propriétaires et usagers sur ce secteur.
- Captage de la source validé par hydrologue
- Réseau enterré d'adduction d'environ 12 km
- Dispositifs de stockage et de remontée d'eau
- Autorisation DDT et servitudes négociées
- Financement majoritaire par plan pastoral (70 %)
Conséquences locales et perspectives
Pour les éleveurs bovins laitiers et ovins viande qui pratiquent la transhumance sur la Gittaz, le chantier doit signifier moins de frais opérationnels, moins de temps consacré à la logistique de l'eau et une plus grande résilience face aux étés secs. À l'échelle du territoire, la portée d'une AFP structurée et écoutée se confirme : elle facilite les négociations foncières et la mobilisation des aides.
Reste la question du long terme : la pérennité de l'alimentation en eau dépendra des équilibres hydrologiques régionaux et de l'évolution du climat. Dans l'immédiat, le dispositif apportera un filet de sécurité aux élevages et limitera le recours aux solutions d'urgence qui affectent la vie en estive.
| Élément | Valeur |
|---|---|
| Longueur du réseau | 12 km |
| Surface représentée par l'AFP | 15 900 hectares |
| Part du financement par plan pastoral | 70 % |
Les travaux doivent débuter cet été. Ils illustrent comment, en montagne, les réponses collectives et techniques peuvent atténuer des conséquences locales du changement climatique, tout en conservant l'activité pastorale qui façonne les paysages et l'économie savoyarde.