Une drogue de synthèse qui ronge des quartiers
À quelques encablures du front de mer de Saint‑Pierre, dans le quartier de Bois d'Olive, le visage d'une nouvelle crise sanitaire se dessine. Rebaptisé « dou » localement, le N‑Ethylpentedrone se consomme fumé ou inhalé à la pipe à eau. Sa progression inquiète : consommateurs réguliers, familles fragilisées et acteurs sociaux tirent la sonnette d'alarme.
La jeune Kelly, 22 ans, raconte comment la consommation a grignoté son quotidien : d'un usage occasionnel elle est passée à une prise quasi quotidienne pour atténuer le manque. Le prix constaté — 100 € le gramme — pousse certains vers le trafic, le vol ou la prostitution pour financer la dépendance. Kelly aspire à s'en sortir pour son fils de trois ans, mais souligne la difficulté face à l'accoutumance rapide du produit.
« L'effet est vraiment éphémère. Quand tu l'as, tu es bien, mais après, tu es mal... alors que ton enfant est là tous les jours, toute la vie. Le dou ne doit pas nous séparer de nos enfants. »
Les professionnels sur le terrain observent des conséquences humaines lourdes. Fatima Lauret, travailleuse sociale, dénonce l'impact sur les plus vulnérables et pointe la relation entre précarité et propagation du produit : « on voit comme des zombies, le cerveau inerte... » estime‑t‑elle, en accusant une diffusion ciblée vers les quartiers populaires.
Des saisies en forte progression
Sur le plan des interventions, les autorités signalent une nette augmentation des quantités appréhendées : en un an, les saisies de cathinones de synthèse — la famille chimique dont provient le « dou » — ont plus que doublé à La Réunion. Ce constat alimente les efforts de mobilisation des pouvoirs publics face au trafic.
| Élément | Constat |
|---|---|
| Prix observé | 100 € le gramme |
| Usager cité | Kelly, 22 ans (Saint‑Pierre) |
| Saisies | x2 en un an (cathinones de synthèse) |
Conséquences sociales et réponses locales
Dans les quartiers affectés, la drogue fragilise les cellules familiales et renforce la précarité économique. Le cercle est vicieux : addiction → perte de revenus → recours aux activités illégales → aggravation des conditions de vie. Les professionnels sociaux et associatifs sont sur le front, mais alertent sur la nécessité d'une réponse coordonnée pour prévenir, soigner et protéger les enfants exposés.
- Effets signalés : dépendance rapide, altération des comportements, retentissement familial.
- Facteurs aggravants : coût élevé du produit et vulnérabilité économique.
- Actions urgentes recommandées : renforcement des saisies, dispositifs d'accompagnement pour usagers et soutien aux familles.
La mobilisation est d'ores et déjà engagée : plans locaux de lutte, interventions policières et actions sociales sont évoqués. Pour les habitants de Bois d'Olive et d'autres quartiers, l'enjeu est clair : contenir la diffusion du « dou » pour limiter la casse sociale et protéger les plus jeunes, souvent témoins impuissants de la descente aux enfers de leurs proches.
Sur le terrain, l'appel des travailleurs sociaux se fait pressant — il réclame des moyens humains et financiers pour joindre prévention, prise en charge médicale et accompagnement social. Sans réponse soutenue, le phénomène menace d'étendre ses ravages au cœur des familles réunionnaises.