Un épisode politique qui rebattre les cartes autour de la plaine Colette-Besson
La majorité municipale d'Olivier Falorni a choisi de se distancer du montage juridique envisagé pour l'aménagement de la plaine des jeux Colette-Besson. Lundi 21 septembre, en conseil municipal, la Ville a confirmé le retrait de la société d'économie mixte Citin du projet porté par le Stade Rochelais. Décision qui rebondit sur des mois de concertation et qui alimente désormais tensions et questionnements autour de l'avenir du site.
Le projet, présenté cet été par le club et soutenu par l'ancienne municipalité, prévoyait la création d'une entité commune — portée par Citin, l'association et le club — pour réaliser des vestiaires neufs, un club-house pour l'école de rugby et l'implantation du futur siège social du Stade dans le cadre du programme Infra 2030, à Port-Neuf.
« Pour nous, Citin n’a pas à rentrer dans un objet sportif ».
Cette phrase, signée Franck Coupeau, élu chargé des finances et président de la SEM, résume le cœur du désaccord. Pour la majorité municipale, la vocation de Citin est de soutenir la revitalisation des centres-villes et des centres-bourgs à travers des opérations immobilières où le public garde la main. Le rattachement de la SEM à une opération purement sportive a donc fait débat et motivé le retrait.
Conséquences locales et enjeux
Le recul administratif n'entame pas, selon la Ville, la volonté d'accompagner le Stade Rochelais. Mais la forme de cet accompagnement reste à définir. Le rétropédalage a créé une vive réaction au sein du club et parmi ses soutiens — l'enjeu n'étant pas seulement sportif mais aussi foncier et économique pour le territoire.
- Acteurs impliqués : Ville de La Rochelle, Citin (SEM), Stade Rochelais.
- Objets en jeu : vestiaires, club-house, siège social et transfert possible d'activités.
- Question centrale : garder le contrôle public tout en permettant le développement du club.
Dans l'hémicycle, l'opposition a interpellé la majorité. Thibaut Guiraud, ancien maire et aujourd'hui conseiller d'opposition, s'est demandé si la Ville finira par céder des terrains, citant en particulier l'hypothèse du Macif Parc pour permettre au club d'étendre son activité et d'y installer son siège. La mairie n'a pas apporté de réponse formelle à cette interrogation.
Ce qui reste à trancher
La Ville assure vouloir conserver le dialogue. Franck Coupeau le rappelle : la municipalité tient à accompagner le Stade Rochelais « dans son développement » et « d'autres pistes sont en réflexion avec les dirigeants ». À ce stade, les solutions techniques, juridiques et foncières sont encore l'objet d'échanges.
| Acteur | Position connue |
|---|---|
| Ville de La Rochelle | Retrait de Citin du montage ; volonté d'accompagnement autrement |
| Citin (SEM) | Ne doit pas intervenir dans un "objet sportif" (position défendue par la majorité) |
| Stade Rochelais | Porteur du projet Infra 2030 ; souhaite développer ses infrastructures |
Pour les Rochelais, la suite est concrète : le futur de la plaine Colette-Besson, l'organisation des activités sportives et l'usage de friches ou d'emprises publiques restent à définir. Les prochains rendez-vous seront politiques et techniques. Ils détermineront si le club pourra mener à bien son projet d'implantation sans la SEM, ou si d'autres formules verront le jour pour concilier intérêt public et développement sportif.