Un changement de récit pour la plateforme tourangelle
Le syndicat mixte propriétaire de l'aéroport Tours Val de Loire a pris un nouveau cap. À sa tête, Thibault Coulon — élu métropolitain et nouveau président du Smadait — souhaite remettre au centre du débat une lecture moins binaire de l'avenir de la plateforme : ni fermeture, ni expansion à tout prix, mais une réflexion sur l'utilité publique et les fonctions multiples de l'équipement.
Avec le directeur du Smadait, Cyril Godeaux, il propose d'élargir l'horizon : transport de voyageurs, missions de santé, sécurité, formation... Autant d'usages qui, selon eux, justifient que la collectivité conserve et entretienne l'infrastructure malgré le coût élevé de son fonctionnement.
- Problème financier : pour que l'aéroport soit rentable uniquement grâce aux vols réguliers, il faudrait atteindre entre 700 000 et 800 000 passagers par an — soit près de quatre fois l'activité actuelle.
- Objectifs précédents : l'appel à projets de 2024 visait un seuil de 325 000 passagers, un chiffre que les responsables estiment peu ambitieux au regard des équilibres économiques nécessaires.
- Investissements déjà engagés : la certification civile a demandé des travaux et des dépenses importantes, qui ont été chiffrées à 9 millions d'euros pour la mise aux normes.
Une gouvernance partagée et politiquement sensible
Le Smadait repose sur trois collectivités : Tours Métropole et la Région Centre-Val de Loire contribuant chacune à hauteur de 35 %, et le Département d'Indre-et-Loire pour 30 %. Cette répartition place l'infrastructure au carrefour d'enjeux locaux, économiques et politiques, obligeant les partenaires à se poser la question : quel aéroport voulons-nous pour notre territoire ?
| Acteur | Part (%) |
|---|---|
| Tours Métropole | 35 |
| Région Centre-Val de Loire | 35 |
| Département d'Indre-et-Loire | 30 |
Les responsables du Smadait insistent sur le caractère stratégique de l'équipement — au-delà des seuls chiffres de fréquentation — et sur la nécessité d'une vision de long terme pour définir des services adaptés aux besoins du territoire.
« Une vision pragmatique »
Cette expression, employée par M. Coulon pour résumer son ambition, vise à sortir du débat stérile entre fermeture et croissance à tout prix. Concrètement, cela signifie explorer des modèles hybrides de développement — appui aux services publics, renforcement des usages non commerciaux, optimisation des recettes non aéronautiques — plutôt que de miser exclusivement sur l'augmentation massive du trafic passagers.
Reste à traduire ce diagnostic en décisions opérationnelles et financières. Entre l'entretien d'une infrastructure coûteuse, la recherche de recettes complémentaires et la volonté de maintenir des missions de service public, les élus locaux auront à arbitrer des choix budgétaires sensibles dans les mois à venir. Pour les habitants, l'enjeu est clair : préserver des capacités que la métropole et le département estiment utiles, sans pour autant faire peser un fardeau insoutenable sur les finances locales.
La question posée par le Smadait est désormais politique autant que technique : quel modèle d'aéroport le territoire souhaite-t-il conserver et développer ? Les prochaines échéances locales devraient préciser les réponses.