Un tournant en appel dans un dossier qui a marqué Avignon
La cour d’assises d’appel de l’Ardèche a rendu, lundi soir, un verdict très attendu dans l’affaire du meurtre de Marie-Pascale Sidolle, aide-soignante au centre hospitalier d’Avignon. L’ex-compagnon de la victime, Fabrice Poncet, a été condamné à 27 ans de réclusion criminelle. Cette peine est inférieure à la condamnation initiale de 30 ans prononcée en première instance par la cour d’assises de Nîmes. Surtout, l’audience d’appel a été marquée par des aveux tardifs, après des années de dénégations.
De la disparition à la manifestation de la vérité
Longtemps considérée comme la « disparue de l’hôpital d’Avignon », Marie-Pascale Sidolle s’était volatilisée un matin d’avril 2019 sur le parking du centre hospitalier. Les enquêteurs de la Section de recherches de Nîmes ont exploité les images de vidéosurveillance où l’on distinguait la salariée de 54 ans arriver seule, puis son véhicule repartir, conduit par une autre personne. L’hypothèse criminelle s’est imposée très vite.
La découverte d’ossements en juin 2021 dans le secteur d’Aramon a confirmé la piste du pire. Placé au cœur des soupçons, l’ex-compagnon a été renvoyé devant les assises. Condamné une première fois à Nîmes, il avait interjeté appel. À l’issue d’un nouveau procès ouvert à la fin de la semaine dernière en Ardèche, il a reconnu avoir frappé son ex-compagne.
Une condamnation confirmée, une peine ajustée
Si la culpabilité est désormais assumée par l’accusé, la peine a été réévaluée en appel à 27 ans de réclusion. La fille du couple, convaincue de la responsabilité paternelle, voit la justice confirmer le scénario criminel. Les magistrats ont ainsi tranché, au terme d’un débat judiciaire essentiel à l’établissement des faits et des responsabilités.
Repères chronologiques
| Période | Fait établi |
|---|---|
| Avril 2019 | Disparition sur le parking de l’hôpital d’Avignon; images vidéo exploitées |
| Juin 2021 | Retrouvaille d’ossements à Aramon |
| Première instance (Nîmes) | Condamnation à 30 ans de réclusion |
| Appel (Ardèche) | Aveux et condamnation à 27 ans |
Un choc durable pour le monde hospitalier et le territoire
Au-delà du prétoire, cette affaire a profondément marqué le personnel hospitalier avignonnais et, plus largement, les Vauclusiens. L’enlèvement de la soignante sur son lieu de travail a suscité une émotion tenace. L’issue judiciaire en appel, avec la reconnaissance des faits et une lourde peine, vient clore un chapitre d’incertitude, sans effacer l’épreuve traversée par les proches de la victime.
Ce que retient le territoire
- Le rôle déterminant des investigations (exploitation des caméras, recoupements) conduites par la Section de recherches de Nîmes.
- La confirmation de la culpabilité en appel, assortie d’une peine abaissée par rapport au premier verdict.
- Une affaire emblématique qui rappelle la nécessité d’une vigilance autour des lieux de travail et des cheminements du personnel, en particulier aux abords des grands établissements.
Le temps judiciaire a permis d’aboutir à une vérité judiciaire désormais actée. Dans le Vaucluse, où l’on n’a pas oublié la disparition de cette professionnelle de santé, ce verdict met un terme à des années d’attente et de questions.