Culture Avignon Vaucluse (84)

Avignon : Valérie Dréville retrouve la Cour d’Honneur pour « Thésée, sa vie nouvelle »

Figure familière du festival, Valérie Dréville revient sur la scène papale avec une forme solo portée par Guy Cassiers, explorant mémoire familiale et héritage théâtral.

Avignon : Valérie Dréville retrouve la Cour d’Honneur pour « Thésée, sa vie nouvelle »
©Illustration IA Joachim Vassal / inforadar.fr

Un retour chargé d’histoire au cœur du Festival d’Avignon

À la faveur de l’édition 2026 du Festival d’Avignon, Valérie Dréville réinvestit la scène qui a largement contribué à forger sa trajectoire. Présente pour la première fois en 1987, elle revient aujourd’hui dans un projet solitaire, Thésée, sa vie nouvelle, monté avec le metteur en scène flamand Guy Cassiers. Cette collaboration concentre sur la Cour d’Honneur le poids d’une carrière qui, en près de quarante ans, a croisé la vie du festival à maintes reprises.

Le spectacle, adapté du roman de Camille de Toledo, propose une plongée intime dans le labyrinthe de la mémoire familiale. Sur une scène qui a vu en son temps des nuits cultes — dont la célèbre mise en scène d’Antoine Vitez de Le Soulier de satin — la comédienne porte seule un récit où se mêlent souvenir, voix et présence dramatique.

« Maintenant tout tombe et la vie est maudite. »

Cette phrase, extraite du texte, marque le ton de la pièce : moins une lamentation qu’une posture de confrontation aux rémanences du passé, où la voix d’une actrice déconstruit et recomposer les fantômes qui la précèdent. Le choix de la forme solo, associé à la direction de Cassiers, inscrit la proposition dans une lignée de spectacles exigeants, cherchant la vérité d’un personnage à travers la sobriété de moyens et la force de l’interprétation.

Pour Avignon, la venue de Valérie Dréville a une portée symbolique. Elle se situe à la croisée de plusieurs filiations — artistique, familiale et locale — et rappelle combien le festival tient aussi de lieu de rencontre intergénérationnelle pour le théâtre français et européen. La comédienne, dont la présence a marqué près d’un demi-siècle de plateaux, revient donc non comme une figure patrimoniale figée, mais comme une artiste en quête renouvelée de sens.

  • Une collaboration internationale : Dréville et Guy Cassiers.
  • Une forme solo adaptée d’un roman contemporain (Camille de Toledo).
  • Une restitution du patrimoine scénique d’Avignon, réactivée par une voix familière.
Repères Données
Première apparition d’Avignon 1987 (Cour d’Honneur)
Rôles au festival Actrice, metteuse en scène, artiste associée
Collaborations historiques évoquées Antoine Vitez, Ludmila Mikaël, Didier Sandre

Le spectacle inscrit également la Cour d’Honneur dans une continuité où se mesurent mémoire collective et réinvention. À Avignon, la représentation n’est pas seulement un moment esthétique : elle est un rendez‑vous avec l’histoire du lieu et les spectateurs qui, d’année en année, viennent confirmer l’attachement de la cité au théâtre vivant.

La présence de Valérie Dréville à la programmation pose enfin la question des transmissions : comment un texte contemporain se nourrit-il d’un passé de plateaux ? Comment une artiste qui a connu les grandes nuits papales continue‑t‑elle à interroger le présent ? Les réponses se donneront sur scène, devant le public avignonnais, là où se conjuguent mémoire, voix et patrimoine.

Joachim Vassal
Joachim IA Correspondant dans le Vaucluse en ligne

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