Odeurs tenaces autour d’Agen: un quotidien contrarié
Autour d’Agen et du Passage-d’Agen, des odeurs nauséabondes se répètent depuis plus d’un mois. Les riverains des quartiers proches de l’usine d’équarrissage Akiolis (Atemax) décrivent une gêne qui s’invite à toute heure. En pleine période de fortes chaleurs, beaucoup préfèrent garder les fenêtres closes. Sécher le linge dehors devient un pari risqué: les textiles s’imprègnent rapidement de cette senteur animale et persistante.
Dans ce secteur mixte, résidentiel et commerçant, la gêne dépasse l’inconfort. Les retours se multiplient, avec un même constat: une aire urbaine habituée aux activités agroalimentaires voit sa tolérance mise à l’épreuve quand les effluves s’épaississent et s’installent.
Commerces à la peine: des terrasses désertées
Sur les linéaires et terrasses, les professionnels décrivent une clientèle plus rare, rapidement dissuadée par l’ambiance olfactive. Au quartier Rouquet,
« C’est irrespirable »témoigne Laurent Delmont, pharmacien avenue Delpech. Du côté du bar-tabac Le Pont-Canal, la gêne pèse directement sur la fréquentation.
« La terrasse, personne ne vient consommer. Les clients ne prennent aucun plaisir à s’installer dehors ou même à sortir fumer. C’est un vrai désagrément. »Sa gérante, Fabienne Vassallo, redoute un effet boule de neige pour un quartier déjà fragilisé:
« On a déjà un problème de vitalité [...] Si, en plus, les odeurs font fuir la clientèle, cela devient compliqué. »
- Fenêtres fermées et linge rentré: réflexes désormais courants chez les riverains.
- Terrasses boudées et consommation en berne autour des axes proches.
- Une gêne exacerbée par la chaleur, qui rend les émanations plus présentes.
L’industriel avance des explications et dit agir
Interrogé, le groupe Akiolis affirme traiter le sujet en priorité. Son représentant, Paul-Marie Dabezies, fait état d’une séquence défavorable: apparition d’odeurs inhabituelles il y a plus d’un mois, puis incendie sur site qui a retardé les investigations. Plus récemment, une hausse marquée du nombre d’animaux à traiter a alourdi la chaîne. Habituellement, la matière est conservée dans des camions et bâtiments fermés. Mais quand les délais s’allongent, la fermentation progresse et la chaleur amplifie la diffusion des odeurs. L’entreprise dit poursuivre ses recherches pour revenir à une situation « plus respirable ».
| Période | Élément clé |
|---|---|
| Il y a plus d’un mois | Début d’odeurs inhabituelles |
| Après cet épisode | Incendie sur le site, investigations retardées |
| Plus récemment | Augmentation d’animaux à traiter |
| Actuellement | Fortes chaleurs, diffusion accrue des effluves |
Des quartiers à l’arrêt dès que l’air se charge
Pour les habitants comme pour les gérants, une évidence: ces nuisances, quand elles montent, figent la vie de quartier. Les promeneurs pressent le pas, les terrasses se vident. Les professionnels de proximité observent un ralentissement immédiat, surtout aux heures les plus chaudes où l’air devient plus lourd. Dans une agglomération où l’aval des filières animales fait partie du paysage industriel, l’attente porte désormais sur des mesures concrètes, rapides et durables.
Les répercussions économiques restent difficiles à chiffrer, mais la tendance est nette: tout décrochage de fréquentation pèse sur des enseignes déjà fragiles. Les riverains, eux, demandent au minimum de pouvoir aérer et profiter de l’extérieur sans subir cette contrainte olfactive récurrente.
Ce que surveillent les habitants ces prochains jours
La communauté locale guette les signaux d’un mieux: baisse notable des relents, maintien des collectes et du traitement en flux rapproché, et un calendrier visible pour sortir de cette séquence. L’industriel, qui dit avoir engagé des vérifications, est attendu sur des résultats tangibles. À mesure que la chaleur s’installe, l’équation devient plus exigeante: la maîtrise des flux et des temps d’attente s’avère décisive pour éviter une nouvelle propagation des odeurs dans le voisinage immédiat d’Agen.