Un bilan en nette amélioration… sous réserve
Le dernier bilan annuel présenté par Atmo Auvergne-Rhône-Alpes confirme une tendance de fond : la qualité de l’air s’est améliorée sur deux décennies. Entre 2007 et 2025, les émissions de particules fines PM2,5 et PM10 ont reculé respectivement de 64 % et 50 %, tandis que le dioxyde d’azote (NO2) diminue de 56 %. Des progrès suffisamment nets pour que les principaux polluants respectent les seuils réglementaires 2025.
Ces résultats, portés par un réseau de stations de mesure déployées sur l’ensemble du territoire, témoignent d’une amélioration tangible de l’air respiré par les habitants. Une dynamique positive toutefois contrebalancée par un indicateur en hausse : l’ozone, dont les niveaux progressent de 18 %, un polluant fortement influencé par la météorologie et le réchauffement.
« Seules les émissions d’ozone, très dépendantes des conditions météorologiques, sont en hausse de 18 % sous l’effet du réchauffement climatique »
observe Marine Latham, directrice générale d’Atmo Auvergne-Rhône-Alpes.
Un « thermomètre » plus exigeant à l’horizon 2030
Derrière ce tableau encourageant, l’association alerte sur un changement de cadre européen qui va durcir la lecture des données. La nouvelle directive 2030 prévoit des valeurs limites plus strictes pour plusieurs polluants, notamment les PM10, les PM2,5 et le NO2. Autrement dit, un air jugé conforme aujourd’hui pourrait ne plus l’être demain.
« Le thermomètre va changer avec de nouvelles valeurs limites plus exigeantes »
souligne Éric Fournier, président d’Atmo Auvergne-Rhône-Alpes. Dans ce contexte, « de nombreuses zones géographiques pourraient dépasser les valeurs limites » une fois les nouveaux plafonds appliqués.
Lyon parmi les zones sous surveillance
Au sein de la région, les territoires les plus exposés à d’éventuels dépassements avec les futurs seuils sont identifiés :
- la métropole de Lyon,
- les métropoles de Grenoble et de Saint-Étienne,
- plusieurs points en Haute-Savoie et dans la Drôme.
Pour le Rhône, l’enjeu est donc double : consolider les progrès obtenus et anticiper le rehaussement des exigences réglementaires, afin d’éviter un retour en zone de non-conformité. La trajectoire 2025 valide une amélioration, mais le cap 2030 impose d’intensifier les efforts au rythme du nouveau cadre européen.
Des expositions encore au-dessus des repères de l’OMS
Au-delà des normes réglementaires, Atmo attire l’attention sur les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), plus strictes. Les données régionales montrent une exposition importante de la population à des niveaux supérieurs à ces repères sanitaires :
| Indicateur | Exposition |
|---|---|
| NO2 au-dessus du seuil OMS | 3,45 millions d’habitants |
| PM2,5 au-dessus du seuil OMS | 7,88 millions d’habitants |
Ces ordres de grandeur rappellent que, même avec des concentrations en baisse, l’enjeu sanitaire reste majeur pour une large partie des habitants d’Auvergne-Rhône-Alpes, dont ceux du bassin lyonnais.
Ce que cela change pour les habitants du Rhône
Concrètement, la photographie 2025 ne signe pas la fin de la vigilance. Elle place au contraire la région, et Lyon en particulier, à l’heure des choix pour tenir la future directive. Les efforts accomplis sur les particules fines et le NO2 ont produit des résultats mesurables, mais le relèvement des exigences et la progression de l’ozone appellent à « ne pas baisser la garde » et à identifier des actions capables d’« aller au-delà des effets de seuil ».
« Le tournant à venir nous incite à ne pas baisser la garde et à identifier des actions pour dépasser les effets de seuil »
insiste la présidence d’Atmo Auvergne-Rhône-Alpes.
À retenir
- Des baisses marquées sur PM2,5, PM10 et NO2 depuis 2007, conformité aux seuils 2025.
- Une hausse de 18 % de l’ozone, liée aux conditions météo et au réchauffement.
- Des dépassements possibles avec les futures limites 2030, notamment pour la métropole de Lyon.
- Des millions d’habitants au-dessus des repères OMS pour le NO2 et les PM2,5.
Atmo Auvergne-Rhône-Alpes poursuivra son suivi via ses stations réparties sur le territoire, afin d’objectiver les tendances et d’éclairer les décisions publiques à l’échelle régionale comme locale.