Le canal de dérivation de la Nièvre, récemment restauré dans le cadre du Contrat territorial des Nièvres et du Riot porté par la Communauté de communes des Bertranges, fait l'objet d'aménagements non autorisés : plusieurs mini-barrages en pierres ont été montés sur la rampe sous le pont du tacot et sous le faubourg du Moüesse, à Nevers.
Un geste local aux conséquences incertaines
Ces petites constructions, visibles sur le site, peuvent sembler anodines. Pourtant, elles posent des questions sur la tenue des aménagements réalisés et sur l'équilibre écologique du canal. Pour les gestionnaires, le risque principal n'est pas systématiquement la rupture de la continuité écologique immédiate, mais l'altération des enrochements de taille moyenne qui séparent les bassins et assurent des zones de repos pour la faune aquatique.
« Si cela reste très localisé, cela ne pose pas de problème pour la continuité écologique au printemps principalement. Les barrages seront enlevés par la première crue. En revanche, cela peut avoir un impact important sur la tenue des aménagements si on touche aux enrochements de taille moyenne qui sont entre les différents bassins. Le risque est qu’il n’y ait plus de bassin de repos ou beaucoup moins », précise Matthias Boureau, animateur du Contrat territorial des Nièvres et du Riot.
Outre l'altération des structures, un autre souci pointé par les acteurs locaux est celui des déchets abandonnés à proximité des monticules de pierres. Bottes, emballages ou reste de matériaux peuvent rester en place et nuire à la qualité du milieu.
Où sont situés ces mini-barrages ?
| Lieu | Problème identifié |
|---|---|
| Rampe sous le pont du tacot | Monticules de pierres susceptibles d'atteindre des enrochements |
| Sous le faubourg du Moüesse | Construction locale et présence de déchets sur place |
Selon les responsables du contrat territorial, si la construction reste limitée, les crues devraient emporter ces installations temporaires. Mais ce scénario ne garantit pas l'absence de dommages : les enrochements déplacés peuvent compromettre la fonction des bassins de repos, indispensables aux poissons et aux invertébrés.
- Risque écologique : moindre capacité des bassins de repos, fragmentation des habitats.
- Risque structurel : atteinte aux enrochements et affaiblissement des aménagements restaurés.
- Propreté : déchets laissés sur place, impact sur la qualité du site.
Le geste, qu'il relève d'une volonté de jouer avec l'eau ou d'un simple passe-temps, rappelle que les interventions même modestes sur un cours d'eau restauré peuvent avoir des répercussions durables. Les porteurs du Contrat territorial espèrent que les auteurs prendront conscience des conséquences de ces manipulations pour l'écosystème et les berges.
Pour les riverains et usagers, la meilleure précaution reste d'éviter toute construction de ce type et de signaler toute dégradation aux services compétents afin de préserver les aménagements récemment réalisés et la qualité du milieu aquatique.