Un rendez-vous qui comble un manque
La seconde édition du festival Afrik’Arts se tient ce week-end à Angoulême. Initié par l’association Zatinbo, l’événement vise à faire connaître et valoriser les cultures africaines et caribéennes « sous toutes leurs formes » au cœur de la préfecture charentaise. Pour les organisateurs, l’absence d’un rendez-vous de ce type dans la ville sonnait comme une anomalie.
Une programmation ancrée localement
La manifestation s’appuie largement sur des acteurs charentais. Parmi les têtes d’affiche locales figurent la cheffe Saran, originaire de Guinée-Conakry et installée en Charente, le groupe angoumoisin Tilé Kalo — qui relie Burkina Faso, France et Madagascar — ainsi que l’association Couleurs de Femmes, engagée pour la promotion des femmes dans leur diversité en Charente. Ce choix de programmation traduit la volonté des organisateurs de valoriser les talents du territoire et de faire du festival un carrefour d’échanges entre communautés.
Un projet porté par les associations
Les racines du projet remontent à l’initiative de Zalissa Zoungrana, ancienne présidente de Zatinbo et conseillère municipale à Angoulême, qui porte l’idée depuis des années. Après une première tentative il y a une quinzaine d’années dans le Confolentais, le projet a trouvé la forme actuelle au sein de Zatinbo et a vu le jour l’été dernier. La première édition, malgré la canicule, a attiré selon les organisateurs 3 400 spectateurs, signe d’un intérêt réel.
- Organisateur : Zatinbo
- Première édition : été 2025, ~3 400 spectateurs
- Budget 2026 : près de 60 000 € (triplement du budget)
« On a un vivier de pépites associatives africaines ou caribéennes à Angoulême. »
Des moyens accrus, des partenariats renforcés
Pour 2026, l’enveloppe allouée à Afrik’Arts a été multipliée par trois, atteignant près de 60 000 €. Les organisateurs expliquent cependant qu’ils s’appuient beaucoup sur des mises à disposition, des aides et du sponsoring, et que certains artistes montent sur scène bénévolement. Ce modèle collaboratif met en lumière l’importance des réseaux associatifs et du soutien local pour pérenniser l’événement.
Objectifs et enjeux locaux
Au-delà du divertissement — concerts, gastronomie, danse — Afrik’Arts aspire à être un lieu de réflexion et de rencontres. Les organisateurs insistent sur la dimension inclusive du festival : il rassemble des communautés afro-descendantes mais cherche aussi à toucher un public plus large de la ville et de l’agglomération. Le souhait affiché est que l’événement s’installe durablement et devienne une composante reconnue de la programmation culturelle d’Angoulême.
| Édition | Fréquentation (organisateurs) | Budget |
|---|---|---|
| 2025 | 3 400 | — |
| 2026 | à confirmer | ~60 000 € |
Pour Angoulême, où le tissu associatif lié aux cultures africaines et ultramarines est dynamique, Afrik’Arts apparaît comme un projet fédérateur. Reste à mesurer, après cette seconde édition, sa capacité à s’inscrire durablement dans le calendrier culturel de la ville et à continuer de mobiliser bénévoles, partenaires et public.