Penser la forêt de demain dans les Landes
Les images des feux de juillet 2026 sont encore fraîches dans les mémoires. À la tête du Parc naturel régional des Landes de Gascogne, Serge Sore, maire de Luxey, appelle à une transformation réfléchie de la forêt pour mieux affronter le réchauffement climatique et les épisodes extrêmes — sécheresses, canicules et incendies — qui se répètent.
Plutôt que de changer la forêt du tout au tout, la feuille de route proposée vise une évolution pragmatique : une futaie moins homogène, plus d'espèces complémentaires et une organisation du paysage qui limite la propagation du feu. «
plus résiliente et plus diversifiée» a-t-il résumé, soulignant à la fois l'urgence et la complexité de la tâche.
Sur le terrain, cela se traduit par des mesures concrètes et discutées entre acteurs locaux — élus, sylviculteurs, gestionnaires de milieux humides et associations naturalistes. Plusieurs axes sont avancés :
- augmenter la présence de feuillus en lisière et le long des limites de parcelles ;
- préserver et restaurer les milieux ouverts (lagunes, tourbières, forêts-galeries) qui abritent une grande biodiversité ;
- créer des lisières et des pare-feux pour protéger le massif, au prix parfois d'un manque à gagner pour les professionnels du bois ;
- adapter les pratiques hydrauliques : favoriser le reméandrage des fossés plutôt que les drainages linéaires.
Ces préconisations cherchent un équilibre entre protection et usages. Le pin maritime reste une essence majeure du massif landais et, selon le président du PNR, ne doit pas être abandonné : « on ne va pas changer du tout au tout la forêt », rappelle-t-il — mais il convient d'ouvrir la composition forestière pour réduire la vulnérabilité.
La question économique est prégnante. La création de pare-feux ou la réduction de surfaces exploitables peuvent représenter un manque à gagner pour la filière bois. D'où l'insistance sur la mise en place de dialogues et de rencontres entre acteurs afin de construire des solutions partagées et adaptées aux réalités locales.
| Objectif | Mesure proposée |
|---|---|
| Réduction du risque incendie | Création de lisières et pare-feux |
| Diversification des essences | Augmenter les feuillus en bordure de parcelles |
| Restauration hydrologique | Reméandrage des fossés forestiers |
Sur le plan politique et opérationnel, ces orientations demandent des moyens, du temps et de la concertation. Le Parc naturel régional entend jouer un rôle d'animation : organiser les échanges entre propriétaires privés, communes, professionnels et services de l'État pour bâtir des réponses adaptées aux différents types de territoires (massif de pins, zones humides, forêts galerie).
Pour les habitants, ces évolutions se traduiront par des paysages en mutation — moins de monoculture, davantage d'espaces ouverts et des infrastructures de protection mieux coordonnées. Elles visent à préserver non seulement la ressource bois, mais aussi l'identité paysagère et la sécurité des populations.
La crise des dernières années montre que la forêt landaise doit être pensée non seulement comme une ressource économique mais comme un écosystème multifonctionnel à protéger et à adapter. Le temps de la concertation s'ouvre maintenant, avec l'ambition de faire de la diversité et de la prévention les piliers d'une forêt plus robuste face aux défis climatiques.