Canicules et incendies : la faune encore fragilisée, selon des associations
Plusieurs organisations nationales de protection animale ont adressé un courrier à 44 préfets, dont ceux de la Haute‑Vienne, pour demander des mesures exceptionnelles sur la chasse dans les départements touchés cet été par des vagues de chaleur et des incendies. Leur requête vise deux objectifs : demander la suspension des chasses d’été encore autorisées localement — notamment sur le chevreuil et le sanglier — et reporter l’ouverture générale de la chasse prévue le 13 septembre.
Pour Bérengère Yar, représentante locale de l’Association pour la protection des animaux sauvages (Asaps), la priorité est de laisser respirer la faune après une période de stress environnemental. Elle alerte sur la difficulté des animaux à se déplacer et à trouver des ressources alimentaires lorsque la végétation a été atteinte par les incendies ou desséchée par la canicule.
"L'idée c'est d'éviter d'avoir trop de pression sur la faune actuelle qui a déjà du mal à se déplacer pour trouver de la nourriture"
La Fédération de chasse : préserver les récoltes, éviter l'explosion des dégâts
La Fédération de chasse de la Haute‑Vienne, par la voix de sa porte‑parole Natacha Poirier, rejette cette demande. Elle met en avant le risque de dommages accrus aux cultures si l'activité de chasse, qui participe à la régulation des populations de sangliers, venait à être interrompue. Selon la fédération, suspendre les chasses d’été ou retarder l’ouverture générale poserait des problèmes majeurs au monde agricole déjà fragilisé.
"Si demain on dit au monde agricole qu'on ne chasse plus, cela veut dire des dégâts de plus en plus importants"
Enjeux locaux et tensions entre protection animale et agriculture
Le dossier illustre la tension classique entre objectifs de conservation et besoins de protection des activités agricoles :
- Les associations réclament un allégement de la pression cynégétique pour permettre à la faune de se reconstituer après un été exceptionnellement sec et incendiaire.
- La fédération insiste sur la fonction de régulation de la chasse pour limiter les dégâts causés par les sangliers aux cultures et aux récoltes déjà compromises.
Sur le plan local, la décision revient aux services de l’État. Les préfets destinataires du courrier devront arbitrer entre les demandes de suspension ponctuelle des pratiques cynégétiques et les attentes des agriculteurs. Aucun calendrier de modification officielle n’a été annoncé pour l’instant.
Que retenir pour les usagers et les agriculteurs de la Haute‑Vienne ?
Pour les riverains, chasseurs et exploitants agricoles :
- La date d’ouverture générale connue à ce stade reste le 13 septembre, tant qu’un arrêté préfectoral n’en décide autrement.
- Les appels au report ou à la suspension proviennent d’associations nationales mobilisées sur la protection de la faune.
- La Fédération de chasse locale plaide pour le maintien des activités cynégétiques afin d’éviter une hausse des dégâts agricoles.
| Acteur | Position |
|---|---|
| Associations (Asaps et autres) | Demande de suspension des chasses d'été et report de l'ouverture générale |
| Fédération de chasse de la Haute‑Vienne | Refus du report, craintes pour les récoltes et dégâts accrus |
La Haute‑Vienne, comme d’autres départements touchés cet été, attend désormais la réponse des services préfectoraux. Les arbitrages à venir devront concilier la protection des milieux et la préservation des activités économiques rurales.