Un club phare à l’arrêt brutal
Symbole d’une tradition sportive avignonnaise, l’Avignon Volley Ball s’apprête à être placé en liquidation judiciaire après plusieurs années de difficultés. Le club, qui a longtemps figuré parmi les acteurs majeurs du volley français, voit sa trajectoire s’interrompre net. En cause, selon son président Thierry Minssen, la disparition de la seconde tranche d’une subvention municipale jugée indispensable à la poursuite des activités.
« La convention triennale était de 260 000 euros par an. La première partie a été signée en décembre 2025 et la seconde devait être votée en juin. Nous avons appris qu'elle était ramenée à zéro »
Cette décision, affirme le dirigeant, aurait précipité la bascule du club d’un état de redressement judiciaire vers une liquidation imminente, avec un dépôt de bilan attendu au tribunal.
Subvention en question et contraintes publiques
Au cœur du différend, une convention triennale dont le montant annuel annoncé atteignait 260 000 €. D’après le président, une première part a été validée en décembre 2025, mais le second versement, présenté au vote en juin, aurait été finalement ramené à zéro. La municipalité, par la voix de l’adjoint aux sports selon le récit du club, met en avant l’impossibilité de subventionner une association déficitaire.
« La Ville ne pouvait pas subventionner une association déficitaire »
Une ligne de conduite contestée par le responsable de l’AVB, qui y voit une mesure d’économie dommageable et une « condamnation » pour la structure. Dans le paysage associatif local, d’autres organismes rapportent eux aussi des baisses de soutiens, un mouvement critiqué par l’opposition municipale. L’élu Rémy Blanc dénonce une orientation s’appuyant sur un audit privé et sur l’argument récurrent des finances de la Ville.
Chronologie et montants
| Élément | Détail |
|---|---|
| Montant annuel de la convention | 260 000 € |
| 1re partie (versée) | décembre 2025 |
| 2e partie (prévue au vote) | juin (ramenée à 0 € selon le club) |
| Situation judiciaire | Du redressement à la liquidation annoncée |
Un choc sportif et social pour Avignon
Au-delà de la compétition, l’AVB cristallisait une communauté: licenciés, bénévoles, partenaires locaux et public fidèle. La perspective d’une liquidation ouvre une période d’incertitude pour l’encadrement et les joueurs, mais aussi pour les écoles de volley et la formation des plus jeunes. La disparition annoncée d’un tel repère fragilise la visibilité du volley dans la cité des Papes et met en lumière la vulnérabilité de certaines disciplines moins médiatisées face aux aléas budgétaires.
- Arrêt potentiel des activités sportives et de formation de l’AVB.
- Risque de dispersion des effectifs et du réseau de bénévoles.
- Répercussions sur l’attractivité sportive d’Avignon et l’animation des salles.
Des associations sous tension
Le cas de l’AVB s’inscrit dans un cadre plus large où plusieurs associations avignonnaises indiquent constater des réductions de subventions. Selon l’opposition municipale, la majorité s’appuierait sur un audit externe pour justifier ces arbitrages. La municipalité, elle, invoque des contraintes financières qui fermentaient la décision. Aucune information complémentaire sur d’éventuels aménagements n’a été communiquée dans l’immédiat.
Et maintenant?
Le président de l’AVB affirme que le dépôt de bilan est imminent. Les suites juridiques détermineront la liquidation effective et ses conséquences concrètes pour les salariés, les licenciés et les créanciers. Pour le mouvement sportif local, ce tournant constitue un signal d’alerte: bilan de gestion des clubs, modalités de conventionnement et conditions d’éligibilité aux aides publiques devraient être réexaminés pour éviter d’autres défaillances.
Dans une ville où le sport participe de la cohésion sociale, l’enjeu dépasse l’AVB: il engage la manière dont Avignon accompagne ses structures associatives quand elles traversent des passages délicats. Le volley-ball, enraciné dans la mémoire sportive locale, espère encore trouver une voie pour préserver ce qui peut l’être: savoir-faire, pratiques amateurs et transmission aux jeunes. Reste à savoir si, et comment, un cadre de soutien pourra être reconstruit.