Un séisme mesuré mais réel pour la gymnastique tourangelle
La Fédération française de gymnastique a confirmé ce 30 juin 2026 le départ de Marc et Gina Chirilcenco vers le Qatar. Le duo, visage d’Avoine-Beaumont depuis des années, laisse derrière lui un club façonné au plus haut niveau, fort de cinq titres nationaux sur les six dernières saisons. Dans ce bouleversement, une certitude rassure toutefois la base tourangelle : la jeune pépite Elena Colas ne quittera pas l’Hexagone et « restera en France », selon l’annonce relayée par la FFGym.
Un départ annoncé sur fond de tensions avec la fédération
La décision ne surprendra qu’à moitié les fidèles du gymnase du Véron. Courtisé « depuis de longs mois » par l’Espagne ou la Chine, le couple d’entraîneurs cherchait en parallèle des garanties pour poursuivre sa mission aux côtés des collectifs français. Au printemps, la ligne rouge semblait atteinte. Marc Chirilcenco l’avait exprimé sans détour sur ICI Touraine :
« un accompagnement de haut niveau » ne peut se faire « à temps partiel »
Ce désaccord, déjà ancien, s’était doublé d’ondes de choc médiatiques et administratives. Après la parution du livre de Kaylia Nemour en 2025 — l’athlète sacrée à Paris 2024 sous la conduite de Chirilcenco — évoquant des « méthodes brutales » et une forme « d’emprise », le couple avait de nouveau été écarté à titre conservatoire. Comme en 2022, l’enquête administrative s’est conclue par un classement sans suite : Marc et Gina Chirilcenco ont été « blanchis et lavés de tous soupçons », rappelle la fédération.
Elena Colas, ancrage français et enjeu sportif
Dans ce contexte agité, le choix d’Elena Colas de poursuivre sa trajectoire en France apaise les inquiétudes autour du pôle avoinais. La formulation de la FFGym est limpide : la principale tête d’affiche locale ne suivra pas ses entraîneurs historiques. Une nouvelle lourde de sens : la jeune gymnaste, présentée comme l’une des valeurs montantes du pays, demeure un repère pour l’encadrement resté en Touraine et pour les plus jeunes licenciées qui s’identifient à son parcours.
Un héritage à préserver, une transition à orchestrer
En l’espace de quelques années, Avoine-Beaumont s’est hissé parmi les références de la gymnastique féminine française, capitalisant sur une exigence technique et une culture de performance entretenues par le couple Chirilcenco. Le départ acté vers le Golfe ouvre une phase d’intérim stratégique : maintien de la dynamique d’entraînement, gestion des staffings, et accompagnement psychologique des groupes, marqués par des mois d’incertitude. L’équilibre du club passera aussi par la capacité à valoriser son vivier local et à consolider les partenariats utiles à la haute performance.
Ce que l’on sait, ce qui reste à préciser
- La FFGym a officialisé le départ de Marc et Gina Chirilcenco au Qatar ce 30/06/2026.
- Le duo quitte la Touraine après cinq titres de champion de France en six ans.
- Elena Colas ne part pas et continuera sa carrière en France.
- Deux enquêtes administratives ont visé le couple (2022 et 2025), toutes deux conclues par un blanchiment.
Plusieurs points restent néanmoins à éclaircir pour les licenciés et les familles : la composition du futur encadrement technique à Avoine-Beaumont, le calendrier de la transition, et les modalités d’accompagnement des athlètes élite qui ne changent pas de cadre. La fédération, comme le club, seront attendus sur ces annonces dans les prochains jours.
Repères chronologiques et palmarès récent
| Année | Événement |
|---|---|
| 2022 | Ouverture d’une enquête administrative visant le couple d’entraîneurs (issue : blanchiment) |
| 2024 | Kaylia Nemour, formée par Marc Chirilcenco, décroche l’or olympique à Paris |
| 2025 | Nouvelle enquête après la parution du livre de Kaylia Nemour (issue : blanchiment) |
| 2020–2026 | Cinq titres de champion de France remportés par Avoine-Beaumont sur six saisons |
| 30 juin 2026 | FFGym officialise le départ de Marc et Gina Chirilcenco vers le Qatar ; Elena Colas reste en France |
Et maintenant ?
Pour la communauté gym d’Indre-et-Loire, l’enjeu est double : protéger l’élan sportif patiemment acquis et rassurer les familles après une année « très compliquée » sur le plan relationnel et institutionnel. Le club dispose d’atouts — une structure reconnue, des routines gagnantes, une figure de proue qui reste — mais doit recomposer son organigramme sans tarder. La suite dépendra de la clarté des orientations fédérales et de la capacité locale à stabiliser un projet technique à la hauteur des ambitions affichées ces dernières saisons.