Des températures extrêmes, un droit d’alerte et une saisine des autorités
À l’Établissement public de santé mentale (EPSM) Georges-Daumezon, à Fleury-les-Aubrais (Loiret), la canicule s’est invitée au cœur des soins. Selon les signalements internes relayés par des représentants du personnel, des pointes à 39 °C ont été relevées dans certains locaux. Face à ces conditions jugées indignes et dangereuses, la CGT a déposé un droit d’alerte et saisi l’Agence régionale de santé (ARS) ainsi que le ministère de la Santé. Une cellule de crise s’est réunie le 24 juin 2026 pour suivre la situation.
Une capacité de rafraîchissement limitée sur un site étendu
L’établissement compte 57 bâtiments. D’après le constat dressé sur place, 23 seulement disposent d’une climatisation, et pas toujours sur l’ensemble des espaces. La direction indique avoir renforcé les moyens d’appoint, avec la distribution de brumisateurs et d’environ 200 ventilateurs dans les parties non climatisées, soit « plus de la moitié de l’hôpital ». De l’eau a été mise à disposition pour favoriser l’hydratation sur les postes les plus exposés.
| Indicateur | Donnée |
|---|---|
| Bâtiments sur le site | 57 |
| Bâtiments avec climatisation | 23 |
| Ventilateurs distribués | ~200 |
| Température maximale relevée | 39 °C |
| Statut météo (Loiret) | Vigilance rouge puis abaissement annoncé |
Des contraintes de sécurité qui compliquent la ventilation des chambres
Au-delà du confort thermique, la question touche la sécurité des patients. Dans certaines unités de soins, les fenêtres restent fermées pour prévenir tout risque, et les ventilateurs ne sont pas attribués aux patients lorsqu’ils peuvent représenter un danger. La représentante CGT Sylvie Bertuit décrit une situation pesant sur les soignants, les personnels administratifs et techniques, mais aussi sur les personnes prises en charge en hospitalisation.
« Certains trouvent de la fraîcheur »
Si ce court témoignage illustre la recherche de zones plus tempérées, il souligne aussi la tension concrète entre impératifs de sûreté et conditions climatiques exceptionnelles.
Un épisode caniculaire d’ampleur, un hôpital sous pression
Le Loiret a été classé en vigilance rouge canicule, signe d’un épisode hors norme. Dans ce contexte, l’hôpital psychiatrique se heurte à la complexité architecturale d’un site ancien et éclaté, où moderniser et homogénéiser le rafraîchissement des locaux se révèle difficile à court terme. Les services techniques multiplient les aménagements d’urgence (appareils d’appoint, adaptation des espaces), tandis que les soignants ajustent l’organisation interne pour protéger les plus vulnérables.
Mesures immédiates et besoins identifiés
- Renforcement des équipements d’appoint (ventilation, brumisation) dans les secteurs non climatisés.
- Mise à disposition d’eau et adaptation de la logistique au sein des services concernés.
- Signalement formel aux autorités (ARS, ministère) via un droit d’alerte syndical.
Ces leviers visent un assouplissement thermique temporaire, en attendant des températures moins élevées annoncées par les prévisionnistes. Reste la question de la résilience des bâtiments face à la répétition d’épisodes de chaleur extrême, qui impose d’évaluer les besoins structurels de rafraîchissement dans les secteurs de soins sensibles.
Le vécu des équipes et des patients au cœur des préoccupations
Selon les retours recueillis par la presse locale, la fatigue s’accroît chez les personnels exposés, et la chaleur pèse sur le quotidien des patients, notamment là où la ventilation mécanique ne peut être utilisée pour des raisons de sécurité. Les aménagements en cours permettent de limiter partiellement les effets, mais ne compensent pas entièrement l’ampleur des températures intérieures lorsque la chaleur extérieure s’installe durablement.
Et après la canicule?
La direction, qui dit avoir déployé des moyens additionnels, suit la situation de près. La saisine de l’ARS et du ministère devrait permettre un suivi administratif et technique des mesures d’adaptation, à l’échelle de l’établissement. À court terme, la baisse progressive attendue du thermomètre pourrait alléger la pression. À moyen terme, la question de l’adéquation thermique des locaux hospitaliers revient au premier plan, pour préserver à la fois la qualité des soins et la santé au travail des équipes lors de futurs pics de chaleur.