Une surmortalité brutale dans les élevages mayennais
La séquence de fortes chaleurs de la fin juin a frappé de plein fouet les exploitations du département. Selon la préfecture de la Mayenne, plus de 450 tonnes de cadavres de volailles et de porcs ont dû être prises en charge dans le seul 53. La vague a été telle que le circuit habituel d’équarrissage s’est retrouvé rapidement saturé.
« Les températures exceptionnelles relevées dans le département et les départements voisins ont entraîné une augmentation significative du taux de mortalité des animaux »
Ce constat, posé par l’État, s’inscrit dans un tableau régional très lourd : pour la zone Ouest (Bretagne, Pays de la Loire, Normandie), le ministère de l’Agriculture évoque près de 6 500 tonnes de volailles mortes, soit entre 2,5 et 3 millions de têtes selon Anvol. En Mayenne, au moins 200 000 volailles ont péri sur la semaine du 22 au 26 juin 2026.
Des arrêtés préfectoraux pour désengorger l’équarrissage
Dès le 24 juin, la préfecture a pris une série d’arrêtés autorisant, à titre exceptionnel et encadré, l’enfouissement des animaux morts directement sur les parcelles des agriculteurs, ainsi que sur le site de Séché, à Changé (près de Laval), pour les volumes les plus importants.
« Ces mesures concernent uniquement les cadavres de volailles, de porcs et de bovins de moins de 24 mois »
Objectif : éviter l’accumulation des carcasses sur les exploitations, limiter les risques sanitaires et préserver l’environnement par des procédures strictes de gestion des dépouilles.
Ce que cela change sur le terrain
- Allègement temporaire des contraintes : les éleveurs en impasse d’équarrissage ont pu recourir à l’enfouissement sous conditions, pour des volumes importants.
- Point de chute identifié : le site de Changé a été mobilisé pour les enfouissements volumineux.
- Suivi sanitaire : les services de la DDETSP (santé et protection animales) restent l’interlocuteur en cas de difficulté.
Au-delà de l’urgence, ces mesures posent la question de l’adaptation des bâtiments d’élevage aux épisodes caniculaires répétés : isolation, ventilation, brumisation, réserves d’eau et organisation du travail, autant de chantiers qui s’installent dans la durée. Les territoires ruraux, où l’élevage structure l’économie locale, mesurent déjà les conséquences concrètes de ces chaleurs extrêmes sur le bien-être animal et la continuité d’activité.
Des repères chiffrés
| Indicateur | Volume/Niveau |
|---|---|
| Prise en charge en Mayenne | 450 tonnes (volailles et porcs) |
| Mortalité volailles Grand Ouest | 6 500 tonnes |
| Équivalent têtes (Grand Ouest) | 2,5 à 3 millions (source Anvol) |
| Mayenne, semaine 22–26 juin | 200 000 volailles mortes |
Informations pratiques pour les éleveurs
En cas de nouvelle difficulté de prise en charge par les entreprises d’équarrissage, la préfecture invite à contacter le service compétent :
- DDETSP – Service santé et protection animales : 02 43 49 55 74
Il est recommandé d’anticiper autant que possible les épisodes de fortes chaleurs : suivi des températures en bâtiments, adaptation des horaires d’intervention, contrôle des accès à l’eau, et vérification des systèmes de ventilation et de secours. Les retours d’expérience du mois de juin devront nourrir les plans de continuité d’activité pour la suite de l’été.
Un département mobilisé
Au fil des jours, les services de l’État, les organisations professionnelles et les exploitants ont dû conjuguer urgence et précautions sanitaires. La chaîne de prise en charge a été mise à rude épreuve mais a été renforcée par ces mesures exceptionnelles. La situation rappelle la vulnérabilité des élevages face aux canicules précoces et invite à poursuivre, collectivement, les aménagements de prévention pour protéger les animaux comme l’activité des fermes mayennaises.