Un verdict lourd pour des faits commis au sein des Hôpitaux civils de Colmar
Le tribunal correctionnel a rendu, vendredi 18 septembre, une décision qui marque un tournant dans l'affaire d'un ancien chirurgien des Hôpitaux civils de Colmar. Âgé de 70 ans, le praticien a été reconnu coupable d'agressions sexuelles et de harcèlement moral à l'encontre de quatre femmes. La peine prononcée est de trois ans de prison, dont un an ferme ; la partie ferme sera exécutée sous la forme d'une détention à domicile avec surveillance électronique. Les deux années restantes sont assorties d'un sursis probatoire de deux ans. Le tribunal a par ailleurs prononcé une interdiction définitive d'exercer la profession de médecin.
Les faits reprochés se seraient déroulés entre juillet 2017 et janvier 2022. Lors du procès, le dossier a été étayé par les témoignages de treize personnes supplémentaires, rapportés par la présidence du tribunal, qui ont décrit des gestes à caractère sexuel déplacés attribués au praticien, sans que tous ces éléments aient été poursuivis dans le jugement.
- Nombre de victimes mises au centre de la poursuite : 4
- Période des faits : juillet 2017 – janvier 2022
- Témoignages rendus : 13 personnes
Parmi les faits portés à l'audience figurent, selon le récit du tribunal, une simulation d'acte sexuel sur une infirmière au bloc opératoire, des propos et comportements dénigrants envers une autre infirmière et la saisie du sein d'une agente de service hospitalier. Une cadre de santé a aussi relaté avoir été rapidement mise à l'écart et discréditée à son arrivée au bloc opératoire.
Le médecin a nié les accusations, assurant avoir « consacré sa vie au service public » et n'avoir « jamais eu de comportements déplacés ».
Conséquences professionnelles et procédure
Outre la peine de prison et le sursis, le tribunal a décidé d'une interdiction définitive d'exercer la médecine. Le parquet, qui avait requis trois ans d'emprisonnement dont la moitié ferme avec mandat de dépôt, voit sa réquisition partiellement suivie.
| Élément | Décision |
|---|---|
| Peine totale | 3 ans de prison |
| Partie ferme | 1 an (détention à domicile sous surveillance électronique) |
| Sursis probatoire | 2 ans |
| Interdiction d'exercer | définitive |
Le praticien avait déjà été suspendu en janvier par le Conseil de l'Ordre des médecins au cours de la procédure disciplinaire. Lors du procès, il a maintenu sa ligne de défense en niant les comportements qui lui étaient reprochés.
Impact local et réactions
Cette affaire jette une lumière crue sur les dynamiques internes du bloc opératoire et soulève des questions sur la protection des personnels hospitaliers et la prise en compte des signalements dans les établissements de santé locaux. Pour les collègues et les victimes, le jugement représente une forme de reconnaissance des préjudices subis. Pour l'établissement, c'est un rappel de la nécessité de procédures claires pour prévenir et sanctionner de tels agissements.
La décision du tribunal peut aussi avoir des répercussions sur la confiance des patients et du personnel vis-à-vis des institutions médicales de Colmar. Dans les prochains mois, les suites administratives et civiles éventuelles, ainsi que le respect du sursis et des obligations imposées au condamné, seront attentivement suivies par les autorités et les acteurs locaux.
Les familles des victimes et les témoins ont été entendus tout au long de l'instruction et de l'audience ; le tribunal a retenu suffisamment d'éléments pour établir la culpabilité sur les faits poursuivis. Le dossier reste, pour la ville, un moment important de réflexion sur la prévention du harcèlement et des violences sexuelles au travail.