Un projet structurant pour sécuriser le cours d’eau
À Courville-sur-Eure, le conseil municipal a étudié un vaste programme de restauration des continuités écologiques sur l’Eure. Objectif affiché : mieux réguler le débit qui traverse la commune et réduire le risque de débordements lors des épisodes de crue. Portée par le Smar 28 (Syndicat mixte d’aménagement et de restauration des bassins versants du Loir et de l’Eure amont en Eure-et-Loir), l’étude technique confiée au bureau PCM Ingénierie propose deux scénarios d’aménagement pour les bras de rivière situés au nord et au sud.
« C’est la seconde option qui est privilégiée par les ingénieurs avec des aménagements des berges, la création d’une passe à poisson au niveau de l’écluse automatique de la piscine intercommunale, des interventions techniques au moulin de Lancey et la pose de buses pour réguler les niveaux de l’étang des Canaux et les anciennes ballastières longeant la D923 ».
Selon le maire Hervé Buisson, cette configuration modifierait la répartition des flux entre les deux rives, avec une part majoritaire au nord. La manœuvre vise à ramener plus de souplesse hydraulique, à réduire les points de blocage et à améliorer la résilience de la commune face aux à-coups climatiques.
Répartition des débits et points d’intervention
La logique d’ensemble s’appuie sur une circulation de l’eau mieux partagée entre les bras et des ouvrages ajustés pour accompagner la rivière dans ses variations saisonnières. La clé du projet est d’intervenir sur plusieurs maillons à la fois : protections de berges, franchissement piscicole, gestion fine des niveaux dans les plans d’eau et aux abords d’anciens sites d’extraction.
| Zone | Part de débit visée |
|---|---|
| Rive nord | 66 % |
| Rive sud | 33 % |
Cette répartition, présentée en séance, s’accompagne d’interventions ciblées au moulin de Lancey et à proximité de l’écluse automatique de la piscine intercommunale, où une passe à poissons doit rétablir le passage des espèces migratrices.
Des aménagements concrets pour une rivière plus vivante
Au-delà de la sécurité, la restauration des continuités écologiques vise à rendre le cours d’eau plus fonctionnel. Une passe à poissons, par exemple, permet aux espèces de franchir des obstacles artificiels, de remonter le courant et de retrouver des zones de fraie. Quant aux ouvrages légers de canalisation, ils servent à gérer les niveaux des annexes hydrauliques de manière progressive.
- Aménagement des berges : traitement des points d’érosion et renaturation ciblée.
- Passe à poissons à l’écluse de la piscine intercommunale : rétablissement du continuum biologique.
- Interventions techniques au moulin de Lancey : optimisation du passage de l’eau.
- Pose de buses pour réguler les niveaux de l’étang des Canaux et des anciennes ballastières le long de la D923.
Étangs et anciennes ballastières : des niveaux sous contrôle
Le volet le plus visible concernera la pose de buses afin d’ajuster les hauteurs d’eau dans l’étang des Canaux et le chapelet d’anciennes ballastières qui bordent la D923. Réguler ces volumes permet d’éviter que des retenues annexes ne deviennent des points de pression sur le cours principal lors des montées rapides. L’objectif est d’accompagner les fluctuations naturelles sans provoquer d’à-coups en aval.
Une démarche à la croisée de l’écologie et de la prévention
Ce projet conjugue prévention des inondations et restauration des milieux. La commune regarde ici au-delà de l’urgence, en se plaçant sur une trajectoire d’adaptation progressive aux aléas hydrologiques. Même si la séance n’a pas détaillé de calendrier ou de coût, le cap technique est posé : un partage des débits rééquilibré et des ouvrages adaptés aux contraintes locales. Pour les riverains, l’enjeu est concret : sécuriser les abords, préserver les usages et laisser à la rivière l’espace et les outils pour mieux encaisser les crues.