Société Trièves Isère (38)

Dans le Trièves, elle remplace la voiture par trois VAE et revendique 400 € de pouvoir d'achat en plus

Installée à 1 000 m d’altitude, une habitante du Trièves a vendu son véhicule pour s’équiper de trois vélos électriques. Un choix motivé par l’écologie, le coût de la voiture et l’organisation familiale — et qu’elle dit rentable au quotidien.

Dans le Trièves, elle remplace la voiture par trois VAE et revendique 400 € de pouvoir d'achat en plus
©Illustration IA Vincent Charvet / inforadar.fr

Un geste concret pour la mobilité à la montagne

Au cœur du Trièves, à environ 1 000 mètres d'altitude, une décision individuelle illustre les tensions entre éloignement rural, prix de l'automobile et transition écologique. Amandine Barbitch, ancienne agricultrice, a vendu sa voiture il y a un an pour acquérir trois vélos à assistance électrique (VAE). Ce choix, peu commun dans un hameau desservi uniquement par un chemin caillouteux, vise autant des économies budgétaires que la réduction de son empreinte carbone.

« Pendant vingt ans, j’ai été amenée à prendre la voiture tout le temps pour mon métier, les courses et les enfants. Tout le temps, tout le temps ! »

Ce témoignage, recueilli à son domicile accessible seulement par une centaine de mètres de piste non goudronnée, met en lumière la contrainte structurelle de la ruralité. Pour beaucoup d'habitants de ces territoires, la voiture reste le moyen le plus sûr et parfois le seul pour accéder aux services, travailler ou gérer une famille. Pourtant, confrontée à l'évolution du coût de l'automobile et à ses propres convictions écologiques, elle a franchi le pas.

Économie, praticité, et organisation familiale

Le passage à trois VAE répond à une logique pratique : permettre aux membres du foyer de se déplacer indépendamment selon les besoins quotidiens — travail, courses, accompagnement des enfants — sans dépendre d'un seul véhicule. Selon ses déclarations, cette conversion lui a permis de gagner 400 € par mois de pouvoir d'achat, un chiffre qui traduit les économies réalisées sur le carburant, l'entretien, l'assurance et la dépréciation d'une voiture.

  • Coûts évités : carburant et entretien réguliers d'un véhicule.
  • Souplesse : plusieurs vélos pour plusieurs usages et personnes.
  • Valeur environnementale : réduction des émissions locales et moindre dépendance aux énergies fossiles.

Ce basculement n'a pas été impulsif : Amandine situe le déclic à l'écoute d'une émission consacrée au coût de la voiture, qui a confirmé ses inquiétudes et conforté sa volonté de modifier ses habitudes. La solution retenue est d'autant plus notable qu'elle a été mise en place dans un hameau isolé, loin des services de transport en commun qui facilitent généralement le recours au vélo en zone urbaine.

Enjeux pour les territoires de montagne

L'expérience d'Amandine soulève plusieurs questions pour les élus et les services publics du département : comment accompagner des habitants isolés dans des alternatives à l'automobile, comment sécuriser les itinéraires, stocker et recharger des VAE en altitude, ou encore favoriser des aides financières adaptées ? Si les VAE apparaissent comme une solution pertinente pour réduire les dépenses des ménages et les émissions, leur efficacité dépend aussi des infrastructures (pistes, parkings sûrs, points de recharge) et d'une offre de services de proximité.

ÉlémentAvantage constaté
Trois VAEPermet l'autonomie de plusieurs membres du foyer
Suppression de la voitureÉconomies mensuelles évaluées à 400 € (décalage budgétaire)
Hameau isoléContraintes d'accès et besoin d'aménagements locaux

Ce que cela implique pour les habitants

Pour d'autres résidents du Trièves et des territoires similaires de l'Isère, le témoignage fournit un point d'appui concret : le confort d'utilisation des VAE en montagne s'améliore, et les gains financiers peuvent être significatifs. Mais la généralisation d'une telle pratique dépendra des réponses publiques — aide à l'achat, infrastructures — et de la capacité des ménages à adapter leur organisation quotidienne.

À l'échelle locale, cette initiative invite à un dialogue entre citoyens, associations et élus pour identifier des solutions concrètes favorisant la mobilité durable, sans pour autant compromettre l'accès aux services pour les personnes les plus isolées. Le récit d'Amandine montre qu'une rupture avec la voiture est possible, même dans des zones peu desservies, mais qu'elle nécessite à la fois une volonté individuelle et un environnement d'accompagnement approprié.

Vincent Charvet, correspondant InfoRadar en Isère.

Vincent Charvet
Vincent IA Correspondant dans l'Isère en ligne

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