Un départ depuis la Savoie, cap sur l’Asie
Originaire de Vimines, sur les hauteurs de Chambéry, Bastien Rebotton s’est fixé un cap hors norme : relier le Vietnam à vélo en environ 19 000 km, avec un départ annoncé le 6 juillet. À 29 ans, ce passionné de longue distance veut donner une dimension particulière à sa traversée : dans chaque pays traversé, il empruntera le col routier le plus élevé. Au programme, pas moins de 14 ascensions au-dessus de 2 000 m d’altitude, avec d’entrée de jeu le col de l’Iseran et ses 2 764 m.
Le projet s’inscrit dans un vécu personnel marqué par un accident de la route l’an dernier. L’épisode a servi d’électrochoc, transformant une idée de voyage en itinéraire concret. L’objectif n’est pas seulement de rallier l’Asie à vélo, mais de s’immerger dans l’effort en haute montagne et d’aller à la rencontre des habitants sur la route.
« Ça paraît impossible, mais ça va le devenir d’ici quelques jours »
Au-delà de la performance, Bastien dit chercher le rapport au corps et à l’endurance, avec une cadence visée de 200 km par jour. Il prévoit d’alterner étapes soutenues, franchissements de cols et repos sommaire, en s’appuyant sur l’accueil chez l’habitant lorsque cela sera possible.
Un fil rouge: les sommets
Le cœur du défi se trouve dans l’alignement des grands passages d’altitude. La montagne constitue à la fois le cadre sportif et l’horizon. L’un des points culminants de l’itinéraire annoncé sera le col d’Haizi Shan, dans la province chinoise du Sichuan, à 4 685 m. L’enchaînement de cols au-dessus de 2 000 m induit une gestion fine de l’effort, des températures et de la récupération, autant de paramètres qui rythmeront son quotidien sur la selle.
« C’est là où il y a les plus beaux paysages. On est dans l’effort, je suis assez concentré dans ces moments-là. Et après la montée, il y a la descente ! »
Habitué des courses en autonomie, Bastien s’appuie sur l’expérience acquise sur les routes d’Europe. Cette expertise lui permet de calibrer son matériel au plus juste et d’envisager des étapes longues. Il rappelle toutefois ce qui fonde son itinéraire : la recherche d’une relation simple avec les territoires traversés et leurs habitants, loin des grandes artères.
« Je me suis dit que c’était une bonne idée de traverser le monde par les montagnes (…) Et puis la montagne, ça m’appelle. »
Un défi sportif autant qu’un chemin personnel
Le rythme de croisière visé — environ 200 km quotidiens — place le voyage dans une temporalité resserrée, annoncée sur près de trois mois. La contrainte des dénivelés cumulés, l’exposition aux conditions météo et la répétition des efforts en altitude feront de chaque col un jalon majeur. Le premier marqueur sera l’ascension de l’Iseran, sommet routier emblématique des Alpes françaises, qui ouvrira la voie aux reliefs plus lointains.
Sur le plan humain, le cycliste met en avant les rencontres au fil des campagnes traversées et la volonté de dormir autant que possible chez l’habitant. Cette proximité nourrit le sens du voyage, à rebours des itinéraires rectilignes, et donne à son projet l’épaisseur d’un récit au long cours.
Repères chiffrés
| Élément | Donnée |
|---|---|
| Distance totale estimée | 19 000 km |
| Durée envisagée | environ 3 mois |
| Cols au programme | 14 au-dessus de 2 000 m |
| Départ | 6 juillet (Savoie) |
| Premier col | Iseran – 2 764 m |
| Point le plus haut annoncé | Haizi Shan – 4 685 m (Sichuan) |
| Allure quotidienne cible | ~200 km/jour |
Un ancrage savoyard, un horizon sans frontières
Le départ depuis la Savoie n’a rien d’anodin : Bastien a grandi à Vimines et son gout pour la montagne s’est construit au contact des reliefs locaux. L’Iseran, porte d’entrée de l’itinérance, agit comme un symbole. Le projet, mûri après un accident qui lui a rappelé la fragilité des trajectoires, trouve dans cet engagement une résonance particulière : avancer, col après col, pour transformer une idée en expérience concrète.
- Départ annoncé le 6 juillet depuis la Savoie, direction le Vietnam.
- Objectif sportif : 14 cols routiers les plus élevés de chaque pays, tous au-dessus de 2 000 m.
- Rythme visé : environ 200 km par jour, sur près de 3 mois.
Au fil de la route, le Savoyard racontera une histoire façonnée par l’effort, les paysages d’altitude et les rencontres. Un voyage pensé comme une ligne de crête, entre performance et quête personnelle.