Une cartographie inédite et des chiffres qui pèsent
L’association Aube DAEV (Déchets d’Activités Économiques Valorisés) a présenté mercredi à Troyes les résultats d’une enquête lancée en mai pour mieux cerner l’ampleur des dépôts sauvages dans le département. Sur les 431 communes sollicitées, 166 ont répondu au questionnaire : près de 80 % d’entre elles déclarent être confrontées au phénomène.
Les témoignages et données collectés pointent des pratiques récurrentes : gravats et résidus de chantiers, ordures ménagères et encombrants figurent parmi les types de déchets les plus fréquents. L’enquête n’a cependant pas permis de séparer clairement la part des dépôts d’origine privée de celle imputable aux entreprises.
Une charge financière significative pour les communes
Les organismes locaux réunis par Aube DAEV ont tenté de chiffrer l’impact. À hauteur de 5 euros par habitant, le coût d’enlèvement des dépôts sauvages pèse lourd : pour une commune de 5 000 habitants, cela représente jusqu’à 25 000 euros par an, selon les calculs présentés. Les représentants des collectivités, des prestataires et des services de collecte ont échangé sur les moyens de réduire ces dépenses.
- 166 communes ont répondu à l’enquête
- Environ 80 % des répondantes déclarent être touchées
- Coût estimé : 5 € par habitant
- 53 % des auteurs des dépôts seraient identifiables selon les réponses
Qui dépose ? Qui paye ?
Les répondants estiment pouvoir identifier une part importante des auteurs : plus de la moitié des cas remontés (chiffre moyen communiqué par l’enquête) seraient attribuables à auteurs connus. Reste à transformer cette connaissance en actions concrètes, judiciaires ou administratives, pour diminuer les récidives et répartir les coûts.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Communes sollicitées | 431 |
| Réponses | 166 |
| Communes concernées | ~80 % des répondantes |
| Auteurs identifiables | 53 % |
| Coût estimé | 5 € par habitant |
Des pistes évoquées, des suites à donner
La réunion avait pour objectif de croiser les regards : élus locaux confrontés à l’enlèvement, entreprises chargées du traitement et association coordinatrice. Ont été évoqués des prestataires, des recours juridiques possibles et la nécessité d’une meilleure cartographie des zones sensibles. L’association prévoit également un site dédié pour centraliser les signalements et faciliter les actions.
Pour les communes, la marge de manœuvre passe par la prévention, la verbalisation et la coordination avec les opérateurs de collecte. À l’échelle départementale, la diffusion des bonnes pratiques et la mutualisation de moyens pourraient limiter la facture et les impacts environnementaux de ces dépôts illicites.