Une demande forte après des mois de sécheresse et des feux voisins
Les présidents de la chambre d'agriculture et de la coordination rurale du Lot-et-Garonne ont décidé de monter d'un cran. Dans une lettre ouverte adressée au ministre de l'Agriculture et à la ministre de la Transition écologique, Karine Duc et José Pérez réclament la mise en œuvre d'un plan massif de construction de lacs collinaires. Leur argumentaire s'appuie sur la double nécessité : assurer des ressources pour l'irrigation agricole et fournir des points d'eau vitaux pour les pompiers en cas de sinistre.
Les auteurs de la missive convoquent l'image d'un territoire régional fragilisé par des épisodes de sécheresse répétés et par la multiplication des incendies dans les départements voisins — un contexte qui, selon eux, rend urgente la création d'ouvrages permettant de stocker l'eau localement.
Le cas du lac de Caussade cité en illustration
Pour illustrer leur propos, les signataires évoquent le lac de Caussade, une retenue réalisée à Pinel-Hauterive pendant l'hiver 2018-2019 malgré des oppositions politiques antérieures. Ils estiment que cet aménagement a prouvé son utilité en période de manque d'eau et de risque incendie.
"Le rôle de cet ouvrage est majeur en cette période de sécheresse"
La lettre insiste sur le rôle des aménagements agricoles « d’intérêt général », évoquant non seulement la sécurité des exploitations mais aussi la protection des villages, des entreprises et des installations collectives.
Ce que réclament les signataires
- Un programme public de construction de retenues collinaires à grande échelle ;
- La reconnaissance des points d'eau agricoles comme éléments stratégiques pour la sécurité civile ;
- Une présence ministérielle sur le terrain : invitation à visiter le lac de Caussade.
Cette démarche s'inscrit dans un mouvement plus large : élus et acteurs agricoles de la région réclament depuis plusieurs saisons davantage d'outils pour s'adapter au changement climatique et aux épisodes secs. Le courrier s'ajoute aux propositions déjà portées par des députés et des organisations professionnelles visant à assouplir les règles ou à financer des infrastructures de stockage.
Enjeux locaux et voies d'action
Sur le terrain, la création d'un lac collinaire suppose plusieurs étapes techniques et réglementaires : identification des sites pertinents, études d'impact, garanties hydrologiques, financement et acceptabilité locale. Si le bénéfice pour les pompiers est souvent mis en avant — accès à l'eau dans des zones isolées —, ces projets soulèvent aussi des questions d'usage agricole, d'environnement et de gouvernance des ressources.
| Acteurs | Rôle |
|---|---|
| Chambre d'agriculture (47) | Porter la demande, mobiliser les agriculteurs |
| Coordination rurale | Pousser pour des actions rapides et concrètes |
| Ministères sollicités | Décider des orientations nationales et des financements |
| Pompiers | Bénéficiaires opérationnels des points d'eau |
Sur le plan pratique, chaque projet devra être évalué localement : capacité de remplissage, risques de perturbation des écosystèmes, compatibilité avec les usages agricoles. Les promoteurs insistent néanmoins sur la nécessité d'accélérer, arguant que l'attente accroît la vulnérabilité des territoires.
Premiers effets attendus
Si l'État décidait d'engager un programme structurant, les retombées seraient multiples : sécurisation des ressources en eau pour les exploitations, renforcement des moyens contre les incendies et création d'emplois locaux pour la réalisation des ouvrages. Les opposants potentiels pourront, eux, poser la question des impacts environnementaux et de la gestion à long terme de ces retenues.
La lettre lancée par Karine Duc et José Pérez ouvre donc un débat qui, s'il franchit l'étape politique, nécessitera un travail technique et un dialogue local soutenu pour traduire en réalisations concrètes les bonnes intentions affichées.