Départ groupé à Embrun et revendication d'égalité
Embrun a vécu, samedi 15 août, un geste symbolique et concret : les triathlètes féminines se sont élancées côte à côte avec les hommes sur l'épreuve XXL. Au total, 81 femmes ont pris le départ, parmi lesquelles Anaëlle Pigeau, 35 ans, qui confiait, un brin soulagée, sa première réaction avant d'attaquer les 188 kilomètres de vélo :
« Bon, c’est fait. J’ai survécu au départ groupé avec les hommes »
Ce changement d'organisation répond à une revendication portée par plusieurs athlètes, et en particulier par Jeanne Collongue, double lauréate de l'épreuve, qui demandait l'égalité des récompenses entre hommes et femmes sur l'Embrunman.
Une différence financière jusqu'ici réelle
Les chiffres rappelés par les concurrentes montrent la portée de la demande. Les années précédentes, la première femme repartait avec 19 000 € tandis que le premier homme recevait 25 000 €. Le montant du vainqueur masculin se décomposait en 19 000 € pour sa place en catégorie masculine et 6 000 € supplémentaires pour une autre prime.
| Catégorie | Prix du premier |
|---|---|
| Femme (historique) | 19 000 € |
| Homme (historique) | 25 000 € |
Ce que change le départ groupé
Le regroupement au départ n'est pas qu'un symbole : il modifie la dynamique de course dès les premiers mètres et renforce la visibilité des femmes dans une épreuve réputée pour sa rudesse. Certaines, comme Anaëlle Pigeau, avouaient toutefois préférer un départ différé « dix minutes avant les hommes » — préférence à prendre en compte pour l'organisation et la sécurité sur des routes étroites et chargées.
- 81 concurrentes féminines au départ du XXL.
- Parcours vélo annoncé à 188 km pour le triathlon XXL.
- Discussion relancée sur l'égalité des prize money.
Enjeux et perspectives locales
Sur le plan local, Embrun renforce son image d'épreuve exigeante mais aussi de laboratoire pour des évolutions sportives. L'équité financière et les modalités de départ vont rester au cœur des discussions entre athlètes et organisateurs. Pour les habitantes et habitants des Hautes‑Alpes, c'est aussi une question de visibilité : davantage de sportives en première ligne signifie une attractivité accrue pour les clubs, les écoles et les sponsors locaux.
Restent des détails pratiques à régler — sécurité sur le parcours, flux de concurrents, et formulation précise d'un nouveau barème de récompenses — mais samedi, sur la ligne, l'important était là : les femmes d'Embrun ont pris la place qui leur revient.