Une baisse nette mais inégale sur le territoire
Le dernier bilan du Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) met en lumière une évolution inattendue : alors que la Guadeloupe reste parmi les territoires métropolitains les plus concernés par les violences physiques, les cambriolages de logements ont connu une décrue significative sur la dernière décennie. Le taux moyen pour l'archipel s'établit à 4,9 infractions pour 1 000 logements en 2025, contre 11,1 en 2016, soit une division par plus de deux.
Cette baisse porte la Guadeloupe sous le niveau moyen de l'Hexagone, qui affiche 5,7 infractions pour 1 000 logements en 2025. Au total, 1 120 cambriolages ont été recensés dans les communes pour lesquelles des données sont disponibles.
Des communes très contrastées
La situation reste toutefois très disparate d'une commune à l'autre. Certaines enregistrent des taux bien supérieurs à la moyenne régionale tandis que d'autres présentent des chiffres très faibles.
- Sainte-Rose enregistre le taux le plus élevé : 12,8 pour 1 000 logements.
- Le Lamentin (9,7) et Basse-Terre (7,6) suivent.
- Plusieurs communes comme Les Abymes, Le Gosier, Baillif et Pointe-à-Pitre affichent des taux compris entre 5,7 et 7,1.
- À l'opposé, Saint-François, Bouillante et Deshaies présentent des taux très bas, situés entre 0,8 et 2,3.
| Commune | Taux (2025) |
|---|---|
| Sainte-Rose | 12,8 |
| Le Lamentin | 9,7 |
| Basse-Terre | 7,6 |
| Les Abymes | 6,9 |
| Le Gosier | 6,7 |
| Pointe-à-Pitre | 6,4 |
| Morne-à-l'Eau | 4,8 |
| Saint-François | 0,8–2,3 |
Zones sans données et lecture prudente
Le document signale toutefois l'absence d'informations pour neuf communes, dont celles de Marie-Galante, Les Saintes et La Désirade, ainsi que Vieux-Fort, Saint-Claude et Anse-Bertrand. Ce manque complique l'analyse fine de la répartition géographique des effractions.
Pour les habitants, la tendance générale est perceptible dans le quotidien : certains quartiers se sentent mieux protégés, d'autres restent sur leurs gardes. Les chiffres ne doivent pas faire oublier que chaque effraction touche des familles et des commerces et alimente la préoccupation sur la sécurité des biens.
Impacts et perspectives locales
Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette évolution : changements dans les pratiques de signalement, adaptation des forces de sécurité, investissements en prévention ou évolution des comportements (sécurisation des logements, dispositifs d'alarme). Le rapport ne détaille pas l'ensemble des causes locales, mais la tendance observée invite les collectivités à poursuivre les actions ciblées là où les taux demeurent élevés.
En période de vacances, moment souvent redouté par les propriétaires, ces chiffres peuvent rassurer une partie de la population. Reste que la vigilance collective et des mesures adaptées demeurent nécessaires, en particulier dans les communes où le risque reste supérieur à la moyenne.