Une nuit de travail pour éviter un incident
La centrale nucléaire de Gravelines a dû faire appel à un dispositif exceptionnel pour éviter que ses systèmes de refroidissement ne soient saturés : dans la nuit du 10 au 11 août 2026, des bateaux partenaires ont pêché et écarté des bancs massifs de méduses, pour un total de 26 tonnes récoltées en une seule journée.
Le phénomène n'est pas inédit : la centrale indique avoir observé « un accroissement fort du volume de méduses depuis plusieurs jours ». L'été 2025 avait déjà vu la mise en place d'un dispositif pérenne entre le CNPE, EDF et des professionnels de la pêche encadrés par France Pêche Durable.
« Elles sont vivantes, encore dans une phase humide », précise le CNPE.
Pourquoi pêcher plutôt que filtrer ?
Les tambours filtrants des stations de pompage, qui prélèvent l'eau de mer nécessaire au refroidissement des réacteurs, peuvent se boucher lorsque la concentration de méduses augmente brusquement. Pour prévenir l'arrêt de quatre réacteurs — mesure qui avait déjà été prise lors des épisodes précédents — la solution choisie consiste à ramasser les bancs avant qu'ils n'atteignent les prises d'eau.
- Dispositif en continu : trois bateaux circulent dans l'avant-port pour intercepter les amas.
- Technique : les méduses sont collectées dans des bacs, encore humides et vivantes.
- Rejet stratégique : les pêcheurs relâchent ensuite les animaux « très » au large, en tenant compte des courants afin d'éviter un retour rapide.
Conséquences et gestion locale
Cette pêche préventive permet de réduire le risque d'arrêt non planifié des installations. Elle mobilise des professionnels du littoral et met en lumière la vulnérabilité des infrastructures industrielles face aux variations du milieu marin, notamment en période de réchauffement des eaux — un facteur qui accélère le métabolisme et la reproduction des espèces gélatineuses.
| Élément | Valeur |
|---|---|
| Quantité pêchée | 26 tonnes |
| Période de l'opération | 10–11 août 2026 |
| Nombre de bateaux en rotation | 3 |
| Acteurs mobilisés | CNPE / EDF / pêcheurs partenaires |
À quoi s'attendre ?
Le CNPE indique que l'opération de mise à l'écart se répètera « autant de fois que nécessaire ». Pour les riverains, la vigilance reste de mise : ces épisodes peuvent perturber la pêche locale, la baignade et l'activité portuaire. Les acteurs de la sécurité industrielle et les pêcheurs suivront attentivement l'évolution des courants et des températures marines pour limiter l'impact et éviter la répétition d'arrêts de réacteurs.
Sur le littoral, la coordination entre autorités, exploitants et professionnels de la mer demeure l'outil principal pour conjurer ces invasions saisonnières et préserver à la fois l'industrie et l'écosystème marin.